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DESTINS de RUES ( ETGSO volume 2)
Elperu



Type d'ouvrage: Théâtre

Nombre de page: 100

Prix: 12

Date d'édition: 01/01/2004




Présentation

La pièce :
L’amour finit entre deux amantes, un chômeur n’a que sa dignité impuissante face à l’injustice, un sdf noir rit aux éclats pour conjurer sa galère…Ces individus vivent sous les yeux d’un écrivain. Celui-ci va leur offrir de jouer leurs drames pour retrouver la joie et le sens de la vie.

Axes de la mise en scène :
Allier le réalisme de destins individuels et l’image condensée d’une société humaine. Injecter la fantaisie du jeu dans un tableau social. Rendre vivants des thèmes universels incarnés par des personnages concrets. Mettre en lumière le rôle de l’écrivain face à l’injustice.



Extrait

Destins de rues
de
Philippe VINTEJOUX


Drame en 5 tableaux.



philvinte@orange.fr
3 impasse Victor Lefranc 40000 MONT de MARSAN


L’écrivain :
Sur la scène. Il allume parfois une cigarette qu’il écrase aussitôt. D’abord seul, il suivra ensuite des yeux les personnages des autres scènes. Il a un carnet à disposition.

Le chœur : Il est constitué des 5 autres personnages, qui, alors, endosseront une tunique blanche ; ou d’autres acteurs, alors figurants.

Le chômeur :
Seul, aura l’air paumé, effaré et gentil. Il sera vêtu d’un costume de coupe classique, mais totalement défraîchi, voire usé.

Les 2 amantes :
L’une sensiblement plus jeune, plus poétique et douce ; l’autre plus violente et dure.

Le noir et le blanc :

Des écorchés vifs. Les victimes rejetées par la société. Le noir aura souvent l’air exalté et rira de manière sonore à tout bout de champ. Le blanc sera plus calme face à son ami mais toujours prêt à mordre.


Liberté de mise en scène,
les indications sont des suggestions…

Extraits de destins de rue pour les troupes. En orange les passages sautés (…), et quelques indications pour suivre l’intrigue dans ses grandes lignes.

PROLOGUE L’ ECRIVAIN et le CHŒUR

Le chœur : paroles à dire par les acteurs, soutenus par un murmure poétique intermittent du chœur. Quelques phrases seront criées, le « on m’a dit » relancera de temps en temps la série et fera varier le ton et le volume.

- On nous a dit que les hommes ont le goût d’être heureux
que la terre appartient à tout le monde
que la vie est ce qu’on la fait
que les rois ont été décapités
que l’argent ne fait pas le bonheur
que les dieux sont pour nous dans les cieux
que les hommes sont tous égaux
que le travail enrichit les courageux
que le bonheur est simple
que les tabous sont tombés
que l’avenir appartient aux lève-tôt
que les femmes sont libres
que le noir est aussi beau que le blanc
que le printemps revient toujours
que les gens sont des rouges-gorges familiers
que le soleil brille pour tous
que l’eau court partout
que l’homme est libre comme l’oiseau
que les peurs se dissipent toujours
que la terre est bleue
que la lune est d’or ou d’argent
que la joie est rouge du sang de la vie
que le blé est doré comme le pain
que demain est vert comme l’espoir
que l’innocence est blancheur immaculée
que le monde est un arc-en-ciel
et qu’il fait bon vivre …sur notre terre…entre nous…

A jeter au public, de manière illuminée, à pleins poumons, en répétant :
- Je veux le croire de toutes mes forces !
- Je me bats et me battrai pour que ça existe !
- Je le crie et le crierai dans la rue !
- J’y pense tous les jours et j’en rêve toutes les nuits !
- Si nous le voulons, vous et nous, il en sera ainsi !



L’ECRIVAIN :

Le début de ce monologue est lu en coulisses puis l’acteur entre en scène.
Le chœur est sur scène et reprendra en écho des mots qui souligneront les propos de l’écrivain.

J’ai pensé à un décor. Il y aurait une rue (…)
Parce qu’il faut que l’on voit que l’on est en face d’un témoignage sur notre monde, mais côté galère, quoi …


Sonnerie de téléphone. Sous-entendus de l’interlocuteur.
Qu’est –ce que tu dis ? …C’est mauvais parce que le théâtre ne doit pas commencer par une idée de décor ? Pourquoi pas ? Presque tout commence par un décor, enfin j’ai l’impression. Quand on se balade, on voit d’abord non ?
…Oui, c’est vrai, y’a les odeurs aussi. …(…)


TABLEAU 1


LE CHOMEUR
Sa démarche peint l’échec de sa vie. L’écrivain marchera sans arrêt pendant la scène.

Je vais lui demander à ce monsieur… Il a l’air sympathique… Sûr de lui, sans problème, sa vie, c’est clair… Cadre supérieur d’une boîte qui tourne… Ou prof ? … Magistrat, c’est possible aussi…Ménage tranquille, revenus stables, de quoi bouffer sa vie sans soubresauts…Même haut fonctionnaire, ou président d’une association humanitaire…
Il va me prendre pour un pauvre type…
Mais non ! Je peux bien demander si le RER s’arrête Gare de Lyon, n’importe qui peut demander un truc comme ça sans être pris pour un débile ou un déchet social… .Ça ne se voit pas sur moi que j’ai tout raté dans ma vie ! Je suis propre quand même ! Y’a des mecs très bien qui ont un pantalon tirebouchonné … J’ai même nettoyé mes chaussures tout à l’heure et personne n’a vu que j’avais craché dessus en guise de cirage. Et elles brillent.

Il sort.

L’écrivain :
Encore un qui est mal… Il n’a pas arrêté pas de me jeter des coups d’œil furtifs…Peut-être va-t-il enfin se décider à m’aborder. Pour me dire quoi ? Me demander une pièce ? Ou pour me faire la causette et transpirer sa galère derrière des mots dignes ou au contraire larmoyer sur un destin contraire. Vu son allure au moins il ne sera pas agressif.

LE CHOEUR :

Qui es-tu pour regarder ainsi cet homme ?

L’ECRIVAIN :

Pas grand-chose. Enfin, rien de plus que toi, ou que n’importe qui. Sauf que …(…)
LE CHOEUR:
Que fais-tu en montrant la détresse de cet homme?
Tu es un voyeur !
(…)
LES 2 AMANTES

Deux femmes apparaissent à la fenêtre. L’une ouvre la fenêtre.

1. Je vais ouvrir1a fenêtre.
2. Oh non, tu laisses pas ouvert !
1. Juste un peu pour aérer.
2. Mais t’es folle, ça gèle !
1. Les frimas du mois d’avril…eh oui … Ah oui, ce que je te disais, c’est que c’est à cause de …
2. T’as vu cette lumière dehors?
1. Tu sais ce que c’est un androgyne ?
2- Androgyne ? Putain ! Il est à peine 7 heures !
1. Il faut situer l’histoire dans un monde si beau qu’on doute de sa vérité. Un matin de printemps où se conjuguent la lumière et le froid, par exemple…
2. Sois sympa … Pas maintenant …Laisse-moi me réveiller
1. Pourtant d’habitude tu veux toujours. Je ferme la fenêtre, ça caille !
2. C’est toi qui as voulu ouvrir !
1. Bon, on va pas batailler là-dessus !
2. Qu’est-ce que tu es pénible parfois !
1. Il ne fait pas si beau que ça…
2. Pourtant la lumière a l’air magnifique, vue de sous la couette !
1. Le froid et la lumière…ou la lumière du froid plutôt…Bon, tu m’écoutes ?
2. Plus entêtée que toi, ça ne se peut pas ! Allons-y, de quoi voulais-tu parler ?
1. Du film d’hier soir. L’acteur principal avait l’air androgyne.
2. On a déjà passé la moitié de la nuit dessus !
1. Mais on n’avait pas fini, tu t’es endormie au moment où…
2. Où quoi ?
1. Tu le sais très bien …
2. J’étais crevée.
1. Alors tu le dis ? Ce qui ne marche plus, c’est quoi ?
2. Mais rien ! Y’a rien !
(…)
L’ ECRIVAIN

Je les ai entendues quand je suis passé un jour sous leurs fenêtres. J’ai aimé leurs voix. C’est pour ça que je me suis posté là. Dans le puits du couloir de l’immeuble. Juste en-dessous de leur appartement.Ca patinait dur entre elles… Scène classique de rupture ? Homo ou hétéro, ça ne change pas grand-chose en fait. Dire que j’ai cru si longtemps en une pseudo-sensibilité supérieure des homos…
(…)

La lumière revient progressivement.

LE NOIR et SON AMI BLANC :

Dans un coin de la scène, un noir. On entend des rires. Il dit « tchao ». Il fait quelques pas et grommelle : « tas de pédés blancs ! ».
Affalé par terre, un autre grommelle. C’est un blanc. Ils se reconnaissent.
L’écrivain sera sur scène, à l’opposé des deux protagonistes.

Le noir : Tas de cons ! Tas de sales cons !
Le blanc : T’es encore surpris Ducon ?
Le noir : Saloperie !
Le blanc : Chienne de vie, tu l’as dit !
Le noir : Pourquoi on crèverait comme des chiens ?
Le blanc : Qu’est-ce qui fait qu’on est si mal à ton avis ?
Le noir : Les vers blancs dans les écorces moisies vivent mieux que nous !
Le blanc : Déjà ils ont à bouffer tout le temps !
Le noir : Y’a une époque je hurlais dans les rues la nuit !
Le blanc : Tu le fais plus ? T’as plus de voix non plus ?
Le noir : Non, c’est les flics … Tu peux plus rien faire maintenant. Même dans un lieu public tu dois avoir un comportement citoyen, ils m’ont dit.
(…)


Les deux hommes se sont assis dans un coin. Ils regardent les gens qui passent.

Le blanc : Une odeur, je te dis, une puanteur !
Le noir : Comment t’as fait pour te retrouver là ?
Le blanc : Ben , ce matin…
Le noir : Non, je veux dire, dans la rue, comme moi, sans chez toi ?
Le blanc : J’avais pas mal bu … Mon chien s’était fait écraser deux jours auparavant…
Le noir : Tu t’es saoulé la gueule pour ça ?
Le blanc : Pas pour le chien, pour la mort …
Le noir : Attends ! T’explique un peu là ?
Le blanc : Ben, il avait rien fait de mal… Il était jeune… Et puis il ne s’occupait que de bouffer, de jouer et d’être avec moi.
Le noir : C’est normal pour un chien, non ?
Le blanc : Ouais … mais tout à coup je me suis dit que nous, on est comme lui !
Le noir : Qui, nous ? Nous deux ?
Le blanc : Mais non, pas nous deux ! Nous, les hommes, les humains quoi.
Le noir : Attends, tu vas pas dire qu’un chien c’est comme des hommes quand même ?
Le blanc : Un chien, c’est pas un homme, mais la mort d’un chien c’est comme la mort d’un homme …
(…)
Noir. Balayage lumière.

TABLEAU 2.

(…)
LE CHOMEUR
Il réapparaît toujours aussi incapable d’aborder l’écrivain.

Bon, je vais lui demander pour la Gare de Lyon…Si jamais il me regarde de travers, je lui dirai qui j’étais ! Responsable du service communication avec les ex-pays de l’Est chez Herviet, c’est pas rien ! Mais non, y’a aucune raison pour qu’il soit désagréable. Il est sûrement trop bien élevé pour montrer sa répugnance face à un inconnu dans la rue…
N’empêche que s’il me méprise je vais lui balancer qu’il ne faut pas se méprendre sur moi !
(…)





LES 2 AMANTES

Lumière. Elles sont dans la rue.

2. Tu te souviens du collègue de bureau que nous avons rencontré il y a 2 semaines ?
1. Lequel ? Le grand à lunettes ou le petit gros ?
2. Le petit gros est un poids moyen plein de muscles !
1. Ouais, moi tu sais le genre haltérophile d’un mètre soixante avec les semelles compensées, ça a jamais été le genre à…
2. D’ailleurs celui-là, c’est mon patron, c’est pas un collègue !
1. Donc l’autre …
2. L’autre…comme si je t’en avais présenté une dizaine !
1. Je m’étais bien fait la réflexion qu’il ne t’était pas complètement indifférent…
2. Plaisante…Tu t’en souviens ou pas ?
1. Mais oui, je te fais marcher. Même qu’il s’appelle Romuald …
(…)
La 2. Sort

1. Moi ? Je ne suis rien, alors ? Ni femme, ni homme, ni ta femme, ni ta compagne, ni ton amour… rien quoi. Un gadget de passage, une passade, une expérience momentanée, un objet de laboratoire, une initiatrice au plaisir d’une jeune conne et vierge, une façon de faire qu’elle se soit mieux connue, un Sade féminin sentimentale et experte en découverte, la version libérée de la perverse qui dépucèle une jeunesse ! Et puis jetée comme une pauvre conne !

La 1 sort à son tour. La lumière baisse, puis revient à l’entrée des deux personnages suivants.




LE NOIR et SON AMI

Le noir : C’est pas vrai qu’on pue !
Le blanc : Quand même, on peut pas dire qu’on sent la lavande…Moi, la rose à la rigueur, toi …c’est indéfinissable …
Le noir : Non, je voulais dire, nous, les noirs.
Le blanc : Euh…non, j’ai jamais remarqué… Faut dire que les poubelles ça attaque pas mal les odeurs naturelles. J’t’assure, on est frère sur le sujet ! Noir, banc ou jaune, la race n’a pas d’odeur quand on est dans la merde !
Le noir : Sur le marché, les fruits …ils sont sympa…mais ils sont propres !
Le blanc : Ouais … C’est pas bien ?
(…)

L’ECRIVAIN

Pour eux, une chance sur deux de s’en sortir. Ce sont les errants de notre époque. Des Œdipe qui payent un crime commis par des dieux égoïstes. Des dieux cachés dans des grands immeubles de verre, protégés par des gardes en uniforme, avertis par des ordinateurs dès que la sève du pétrole s’excite. S’il y a un destin, il est forcément tragique comme on le rabâche dans les manuels de littérature.
(…)

LE CHOMEUR

Il a vraiment une tête d’honnête homme… Allez je m’approche ! Attendez, regardez-moi ! Ne vous tournez pas vers l’autre côté ! En fait ce qui m’a foutu en l’air, c’est quand la voisine m’a prévenu que Joris amenait de drôles de type à l’appart quand on était absent avec Eva. « Louches » elle avait répété … Ce sont les flics qui ont les premiers parlé de trafic de drogue.
(…)
Mais pourquoi je dois aller Gare de Lyon ? Ça me reviendra quand j’y serai…C’est peut-être important, sinon j’aurais pas eu envie de demander à ce monsieur … Ah, il fait quelques pas dans ma direction ! J’y vais ! Il suffit que je sois poli avec des phrases du genre :
« Monsieur, excusez-moi de vous déranger, voilà j’ai perdu mes lunettes et je ne vois pas si le panneau lumineux indique que le RER s’arrête à … vous savez, là, d’où partent les trains, vers le Sud, le nom m’échappe, je suis confus… »
Trop tard ! Il est parti …C’est bien la dixième fois que je veux demander ma route. A chaque fois, ça ne se fait pas. J’ai toujours un temps de retard. Ou quelque chose se passe qui m’en empêche. Ou j’oublie ce que je dois demander. Pourtant depuis onze jours que je viens dans ces lieux, au début je suis décidé. Je sais très bien pourquoi je reviens ici. D’ailleurs la petite voix du matin me fait répéter, comme si c’était une leçon : « tu vas descendre ces quelques marches. N’aie pas peur, c’est l’entrée d’une station de métro, ce n’est pas la porte de l’enfer. Tu vas voir un homme qui te paraîtra digne de confiance. Tu le regarderas 4 minutes. Tu penseras à ce que tu dois lui demander. Alors tu t’approcheras de lui et tu lui demanderas quelle direction prendre pour que s’accomplisse ton destin. » Onze jours que ça ne marche pas. Après j’appelle la petite voix pour qu’elle m’explique. Mais elle reste muette. Je crois qu’elle n’aime que le matin quand j’ai un peu dormi. C’est bizarre quand je pense à elle, je l’imagine comme une petite fille, ou alors un petit garçon très beau, mais aux traits tellement fins qu’on dirait une petite fille. Il ou elle doit avoir peur des bruits de la journée, et aussi de l’obscurité le soir. C’est pour ça qu’on n’entend pas leur voix, sauf le matin quand je suis tout seul, caché dans mes cartons sous le pont de la Seine. C’est normal tout ça : quand je me sens protégé, l’enfant se sent en sécurité.
Je pense qu’il est déjà tard. Il faut que je rentre me protéger.
(…)

Noir. On entend le bruit d’une rame de métro. Balayage lumière.


TABLEAU 4.

Sur la scène les quatre personnages passent en courant à plusieurs reprises, comme s’ils fuyaient.
Tout à coup ils voient l’écrivain, échangent quelques mots entre eux, puis …


(Le tableau 4 contient la rencontre de l’écrivain et des autres personnages : d’abord très agressifs, ils finissent par accepter sa proposition de jouer leurs vies.)


TABLEAU 5.

Le décor a été enlevé. Nous sommes sur une scène du théâtre. Le chœur a disparu.


Le chômeur : J’ai perdu mon travail et j’ai perdu le sens de ma vie.
L’amante tuée : J’ai été assassinée par celle que je n’aimais plus.
L’amante trahie : J’ai tué celle que j’aimais et je crève de ma solitude.
Le noir : Je fais semblant de ne pas mourir du mal du pays, de n’avoir jamais peur et je ris aux éclats comme un ahuri.
Le blanc : Je suis l’autre, son pote, le blanc, qui hurle sa rage et fait peur aux habitants du quartier.
Le chômeur : Moi je ne fais peur à personne. Je fais pitié. Ça ne me gêne pas que l’on dise que j’ai tout raté. Je n’ai plus la force de me rebeller.
L’amante tuée : Tout le monde va m’accuser d’avoir trahi mon amie. Ce n’est pas vrai ! Je l’ai aimée totalement. Je ne savais pas si j’aimais les hommes ou les femmes. J’ai été victime de la ségrégation qui engendre les tragédies depuis des siècles de morale.
L’amante trahie : Je ne voulais pas la tuer ! Les journaux vont parler de crime passionnel et faire un gros titre dans la page des faits divers. Je l’ai aimée d’un amour absolu. Notre amour valait celui des légendes. Mais je n’ai pas pu supporter qu’elle brise cet idéal.
L’écrivain : Occupez l’espace ! Toi, à cour. Toi, à jardin. Vous êtes encore murés, chacun dans votre drame.
Le noir : Les gens pigent pas que rire est la seule dignité qu’on tolère chez moi.
Le blanc : Il faut que tout le monde comprenne pourquoi je gueule ! On n’a que la violence quand personne ne vous écoute ! Et des envies de meurtres des gens heureux.
Le chômeur : Mes échecs m’enfoncent. Qui saura dire comment la folie s’empare de moi ? Croyez-vous que je ne vois pas dans quel abîme je plonge ?
L’écrivain : Tout l’espace ! Chacun d’entre vous est unique, montrez-le dans vos déplacements et vos gestes !
L’amante tuée : Tout le monde a droit d’aimer ! Si au moins ma mort permettait à d’autres de comprendre que chacun a le droit de se libérer d’amours mortes …
L’amante trahie : Jamais on ne m’avait appris que l’on ne peut pas vivre sans être aimé. J’ai cru que « pour toujours » existait en vrai. Nous avions l’étoffe des grands amants de la littérature.
Le noir : J’avais rêvé toute mon enfance de ce pays où il suffisait que le jour se lève pour être libre. Pour un noir, le pays des droits de l’homme était forcément l’eldorado.
Le blanc : Qui a décidé que je devais faire partie des rejetés ? Pourquoi moi plutôt qu’un autre ? Ils ne réussiront pas à me passer des menottes. Plutôt se faire flinguer.
Le chômeur : On m’a ôté la parole. On va finir par m’enfermer ! Ils voudront me mettre à l’asile.
(…)
L’écrivain : Débarrassez-vous de votre réalité ! Jouez. Vous n’êtes plus vous-même, vous êtes des personnages !

(Chaque acteur rentre en son personnage par des gestes et des bribes de texte progressivement. L’écrivain passe au milieu d’eux et les encourage comme en séance de groupe d’un atelier en travail. Puis il s’efface de plus en plus. La pièce se termine dans la bonne humeur autour d’un repas improvisé.)



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