Connectez-vous pour participer          Identifiant perdu     S'inscrire   

Lespoetes.net, la poésie sur internet.

       


Discussion en direct Connectez vous pour participer.


CAPHARNAUM
Mandin



Type d'ouvrage: Recueil de poésie

Nombre de page: 150

Prix: 15

Date d'édition: 01/09/2011




Présentation

PREFACE de JEAN ORIZET

Mandin a placé en épitaphe de son recueil Capharnaüm, une sentence de René Char, extraite de : la Parole en archipel. Et dont une phrase m'est familière depuis longtemps : "... les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort..."
Ce choix situe d'emblée la démarche du poète ; nous comprenons que pour lui, l'écriture poétique est une question de vie ou de mort.
Curieusement, au fur et à mesure que l'on avance dans ce recueil,on constate que le mode d'écriture de Mandin, s'il se place sous l'égide du poète de l'Ile-sur-Sorgue, n'a qu'un lointain rapport, à mes yeux, avec la façon d'écrire de Char. Chez celui-ci tout est lapidaire, ramassé, dense, obscur parfois - comme on le disait d'Héraclite - chez Mandin, le ton, le style, le rythme sont plus proches d'un Prévert, d'un Queneau ou d'un Tardieu ; dérision et ironie comprises -
En lisant certains textes, j'ai même pensé à mon ami Raymond Devos, grand manipulateur de vocables.
J'ajouterai, chez Mandin, le côté iconoclaste et provocateur : "... Jésus s'est réincarné dans des souvenirs comateux...."
Je ne m'étonne guère qu'ailleurs Mandin fasse référence à Cioran quand il affirme qu'il est vain de refuser ou d'accepter l'ordre social - et cela se traduit chez lui par cette formule peu banale : "...Il est entré dans le maquis de son dedans..." Michaux n'est pas loin.
En lisant Capharnaüm, je suis allé de surprise en surprise, avec, par exemple, ce poème-histoire intitulé : "La Femme du ménage" ; il met en scène deux femmes de ménage, un petit garçon qui a la passion des fraises et une mouche. La fin de l'histoire surprendra plus d'un par son contenu psychanalytico-burlesque.
Une deuxième partie de Capharnaüm est placée, elle aussi, sous l'égide de René Char avec la célèbre formule qu'on peut lire sur une plaque apposée sur la façade de la maison qu'occupa le poète rue de Chanaleilles à Paris : " Le poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver." Là encore, je ne vois guère le rapport, ou alors je n'ai rien compris au film, entre ce qu'écrit Char et ce qu'écrit Mandin, à l'exception des pleins et des déliés des Dentelles de Montmirail. Certes, on peut lire des phrases lapidaires comme celle-ci : Si l'amour sert à aimer alors aimer sert à quoi ?"Mais cela ne ressemble guère à Char. Et c'est très bien ainsi, car il serait dommage que Mandin ne fût qu'un épigone du géant de l'Ile-sur-Sorgue, qui en a compté beaucoup.

Il y a chez Mandin une fantaisie, une allégresse - ambiguë parfois - qui n'existent pas chez René Char. Finalement, il me semble que ce poète, qui accorde beaucoup d'importance à l'acte poétique, ne se prend pas au sérieux quand il écrit des poèmes (mais je me trompe peut-être ? )
La lecture d'un poème comme : "Poser un lapin au temps"; apporterait plutôt de l'eau à mon moulin. Et en plus ce poème a été écrit pour son fils Paul, donc pédagogique ou édifiant.
Enfin, je signalerai une autre corde à l'arc poétique de Mandin : celle de la sensualité qu'il traduit dans des blasons du corps féminin, comme cela se pratiquait dans la poésie ancienne. Et là, Mandin cite ces deux vers de Remy de Gourmont, qui m'ont toujours fasciné, je ne sais pas pourquoi :
"...Simone, il y a un grand mystère
dans la forêt de tes cheveux..."
Cette mosaïque antique n'est pas ce que je préfère chez Mandin, mais je dois reconnaître que ces blasons sur les yeux, la bouche, les lobes, les tétons et autre nombril sont d'excellente facture.
En fin de compte, tous les poèmes qui composent Capharnaüm sont à l'image de l'homme Mandin tel qu'il m'est apparu lors de notre première rencontre ; aimable, courtois, élégant, lucide, cultivé, un rien désabusé ou sarcastique mais avec, en lui, une passion intacte : La Poésie.



Extrait

S’EGARER

Je sais.
Je ne devais pas aller jusqu’au bout du chemin.
Je sais.
J’aurais dû me méfier.
Ne pas l’avoir gommé entièrement
le bout du chemin
n’était pas malin.
Je le sais depuis toujours
depuis ma première cassure
quand mon âme s’est fendue en deux
sur un morceau de bravoure
contre une imbécile
qui chantait Carmen
en jouant Lulu.
J’ai toujours su
que derrière chaque virage
il y a un bout du chemin.
Et pourtant
j’ai viré sans cesse
d’amitiés en amours
de livre en vivre
de déconvenues en brisures.
A chaque fois
plus prétentieux
plus déterminé du pire.
Je rage de ne pas pouvoir oublier !
Mais continuer…
parce que personne
ne m’a jamais dit :
merci d’être là
de rester là
de me parler de ce qu’il ne sait pas
de ce que ses yeux ne regardent pas.
Comme un petit poucet atrabilaire
j’ai jeté derrière moi
des mots
pour revenir…
Mais où… ?
Pour me retrouver…
Dans quoi… ?
Une religieuse
dans un virage m’attira
dans une sacrée étreinte
le bout du chemin
a commencé
ici.
Au sortir de ses mensonges
la vérité
a fait une embardée.
Quitter la route….
Bon débarras !
Mais le bout du chemin
était encore loin !
Après mon accident…
Un de plus !
Bon débarras de moi aussi !
Nous étions
les trois vérités
et moi
d’embardée dans le ventre d’une Soeur.
Je m’en suis sorti
de ce fatal bout du chemin
juste
parce que
j’ai toujours eu un bout de chemin frivole
qui m’attend
au bout de ce chemin
sur lequel…
je vomis rêves et cauchemars
je traîne
des débris déjà plus à moi
ma carcasse abîmée de m’avoir menti
à marcher à reculons
pour voir qui me suit…
Personne !
On n’est jamais suivi…
Précédé tout ou plus…
par des amitiés de souks
des amours de bordels
des idées saugrenues
des illusions de carnavals
des projets sans desseins
des espoirs de bastingages…
Et…
(…)à suivre




Il y a actuellement 33 visiteurs sur le site !

MEMBRES CONNECTES ACTUELLEMENT  [1]:
Pilar.

LES MEMBRES QUI SE SONT CONNECTES IL Y A MOINS DE 24H  [50]:
Licorne. Violette. Rickways. Jmd. Lo. Kim Aquilina. Pierre. Rimatouvent. Machajol. Oxalys. Evemarie. Nostahrj. Royam. Lasource. Madykissine. Ann. Muse31. Isa la Bella. Gerachau. Marcek. Sosso. Joa. Tom. AR_d_N. Kero. Dreamhunter. Jamespx. Salus. Lucie. Gbandi. Mijo. Mistou. Ottomar. Pilar. Djoze. Aurorefloreale. Arcane. Nihilisteo. Stephastella. Coeur de poete . Amon 1er. Typique. Mido. Lastours. Andre. Manon_climb. Coeur battant . Ced le magnifique. VaianaVy. Baroudback.

LES DERNIERS MEMBRES INSCRITS :
Baroudback. VaianaVy. Avamankpe. Coeur battant . ThorHydae. Lemontagnard73. Moitbu. Estceguido. Ombre. Fougeredudesert. Ced le magnifique. Sebasura. Zoetoile . Crampshalterofilia. Tony. Manon_climb. Cracovien. Andre. Habenaria Radiata. Shakespeare Junior 971.

********
Contact
Copyright©Lespoetes.net
Tous droits réservés
Site déclaré à la CNIL sous le n°1023924