Connectez-vous pour participer          Identifiant perdu     S'inscrire   

Lespoetes.net, la poésie sur internet.

       


Discussion en direct Connectez vous pour participer.


INUTILE
MANDIN



Type d'ouvrage: Recueil de poésie

Nombre de page: 138

Prix: 15

Date d'édition: DECEMBRE 2012




Présentation

De Kyôto, après la lecture


le 16 novembre 2012.

Vous avez composé un long poème autour d’un seul thème avec de multiples images personnelles. Quelle aisance vous avez dans la poésie ! Quand vous mettez au début ce vers :

lorsque moi me dit : je … devient inutile

votre voyage vers une terre inconnue a déjà commencé. Vous dites être utile à vos « incertitudes », car c’est le lieu créateur de l’œuvre poétique et générateur de vie, lieu qui se trouve entre le “ moi ” et l’autre, l’utile et l’inutile, la vie et la mort, et celui que vous reconnaissez dans la différence éternelle de l’homme et de la femme. Vous ne prononcez pas ouvertement le je-sujet, mais ce n’est qu’une apparence. Vous êtes comme une toile d’araignée, celle-ci magnifiquement tissée. À travers cette toile, vous regardez, sentez, entendez et même touchez le dehors, l’autre. Cette image me suit tout au long du poème.
De la nature vous faites un microcosme original où le poète fait vagabonder l’imagination et libère l’esprit. Il n’est ni occidental ni oriental. Des sensations visuelles, auditives, tactiles et olfactives s’y expriment dans une fraîcheur et une intensité qui ont quelque chose d’originel. J’aime le caractère éthéré et vibrant de l’espace que vous développez dans cet univers de la nature, dans lequel tout retrouve une nouvelle signification, celle que vous lui accordez. Je cite :

l’ombre du platane
s’abat sur les rires d’enfants

l’ombre inutilement doit se tenir loin du soleil
les enfants la protègent de leurs beaux yeux crédules

audacieuse
l’ombre blessée du grand platane
part avec le premier nuage venu
sans leur dire merci

Le dynamisme des mouvements est apporté par le jeu de la lumière et de l’ombre. Dégagés de l’emprise du sujet, ces vers deviennent une expressivité pure. Grâce à l’image de vos yeux tournés vers le ciel, récurrente dans votre poème, vous conférez à la poésie un pouvoir créateur. Ainsi vous donnez une expression plastique à la sensation personnelle, synonyme d’émotion.
Par ailleurs les éléments de la nature comme les mousses, les oiseaux, les insectes, qui apparaissent à un rythme qui vous est propre, deviennent de nouveaux signes comme autant de métaphores d’une écriture. Le mouvement même d’une limace symbolise, me semble-t-il, la calligraphie qui naît sous votre plume.
Vous parlez du « Tao », pensez l’inutile et le silence. Se détacher des choses du monde en utilisant le langage de la vie de tous les jours, c’est ce qu’on appelle « Rizoku » au Japon dans le domaine du haïku. Si dans les métaphores de vos poèmes prolifèrent les oppositions, cela ne tient pas à la parole humaine, mais aux opacités de la vie. En revanche, si le haïku est lapidaire, c’est que ce poème est comme une coupe faite dans le courant du temps et dans l’étendue de l’espace. Malgré une telle différence au niveau de la perception et de l’expression, je trouve une similitude entre votre poème et le haïku : aucun poète, dans ce lieu où il fait entendre la voix qui est la sienne, n’est inutile, car recomposer le passé et le présent dans et par la poésie, c’est ciseler le silence et le vide pour faire apparaître dans l’avenir ce qui se dérobe à l’utile, bref une perception originelle du monde.
Il est sûr que votre lucidité poétique écarte les gracieusetés lyriques ou bien l’expression directe de souvenirs ou de repentirs, mais quand vous chantez, par exemple, l’été qui « a une odeur de vieille forge », votre poésie éveille en moi des souvenirs lointains : l’odeur minérale et le silence particulier que j’ai sentis dans l’école déserte dont les bâtiments projetaient sur le sol la silhouette de l’ombre et de la lumière. Je me rappelle également le sentiment vague des regrets au réveil d’une sieste d’été sur le « coutil » du lit « aux chaleurs salées ». C’est pourquoi, née de la sensibilité et de la sensation, votre poésie demeure, je trouve, profondément humaine.
À la fin du poème, le je-sujet apparaît à nouveau dans cette belle formule :

je est un soupçon

c’est-à-dire une ombre. L’ombre « meurtrie » que vous gardez toujours dans la paume de votre main et qui se cache dans chaque fibre de toute existence me semble être “ la naissance et la fin ” de ce poème.
Je viens de fermer la dernière page de votre livre. Je vous dédie ce haïku qui voudrait dire la joie que j’ai ressentie en lisant vos poèmes …







Ikuko Morita
Poète, enseignante à l’Université de Doshisha, Kyôto



Extrait

« La montagne, par ses forêts, attire elle-même les fripons qui l’en priveront ; le suif, parce qu’il peut s’enflammer, se détruit lui-même ; c’est parce qu’il est comestible que le cassier est abattu ; c’est parce que son suc est utile que le laquier est incisé. Tous les hommes savent l’avantage d’être utile, ils ignorent l’avantage d’être inutile. »

« C’est par un pas que débute un voyage de mille lieues. »
« Tout échappe à celui qui accapare. »
Lao Tseu
Tao-Tö-King

*********************
jouait avec la rosée
des matins rosés
étalait des nuages
faisait des boules d’images
se cachait dans les ombres
défiait le parfum des lumières
triait les mensonges des prières
assemblait des nombres
elle…
disait la vérité au temps qui passe





elle disait le silence

les mousses bleues roulaient des pierres
dans le cristal de toutes ses ombres

elle disait des silences
chantonnait des clés de fa en sol
do
d’harmonies en harmonieux
elle défiait les lumières de son corps
dans les pauses de ses murmures
de soupirs en soupirants

elle disait
le silence n’est pas si trompeur

les mousses bleues amassaient des scintillements

elle disait
il n’est pas inutile de se méprendre





Il y a actuellement 33 visiteurs sur le site !

MEMBRES CONNECTES ACTUELLEMENT  [5]:
Fanch. Lasource. Stapula. Aurorefloreale. Maitia.

LES MEMBRES QUI SE SONT CONNECTES IL Y A MOINS DE 24H  [60]:
La veuve noire. Licorne. Violette. Rickways. Fanch. Skywheeler. Jmd. Lo. Tonindulot. Pierre. Machajol. BY-LP. Oxalys. Colline. Evemarie. Nostahrj. Royam. Lasource. Muse31. Muserhode. Saintes. Isa la Bella. Wall. Stapula. Gerachau. Lefebvre. Soleil factice. Marcek. Joa. Cepyge X. AR_d_N. Capella. Salus. Lucie. Eolia. Anemone. Pilar. Mahea. Sylvain2023. Djoze. Aurorefloreale. Arcane. Nihilisteo. Mickael. Par ma voix. Mona Farbiu. Coeur de poete . Drummy. Amon 1er. Laurent7869. AlanJoyce. Noiressaim. Zalina. Bleu Horizon. Maitia. F.Lo. Licrone. Vincentcros. Lanter. Jeansu.

LES DERNIERS MEMBRES INSCRITS :
Jeansu. Mathilde. Lili95. Mandarine. L_homme_regarde. Lanter. Licrone. Le fou. Hannah. Colfeau. Vincentcros. Lou-guit. FranckLPSME. F.Lo. Nazca. Le Corbeau Noir. Novembre a Paris . Pivoine. 5g. Mousquetaire.

********
Contact
Copyright©Lespoetes.net
Tous droits réservés
Site déclaré à la CNIL sous le n°1023924