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Reumond



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Déchirure, criure, écritures, et autres chiures de l’être



Crotte de Bic ! J’ai encore débordé de la marge, chié le gros mot hors du potiquet, crié à pleines criures et renversé le dictionnaire tout plein d’exclamations sur le beau tapis rouge.

Le temps pisse à ras bord, explosant mes mines de plomb minées d’humeurs ; j’ai laissé mes traces d’être transparaitre ; exhibition, là où l’excrémentiel et l’existentiel se mêlent dans le gluau des choses ; à l’ancrage même du corps et des chairs marquées des encres de l’un des débiles traits de mes dessins et de mon écriture saturée d’écriures .

De l’être humus à l’être humain quel chemin ! L’urine des pinceaux trace-t-elle des rigoles au méandre de l’Être ? Des sentiers pavés de mots ou bien des calligraphies lettrées pour détourner de l’être ? Lasse est la question !

Dans la criure, l’écriture, l’évidure, il y a-t-il séparation entre la nature et la culture, ou bien il y a-t-il un identique mouvement de flux et de reflux, entre l’une et l’autre ? Faut-il une subtile fécalité pour faire de l’être ?

Ne faut-il pas simplement réconcilier la subjectivité et l’objectivité dans un élan salutaire ?

Entre les gouaches et le pastel transfusés au papier, c’est au trait de l’être que l’on voit l’homme ; c’est au seuil des marges, au vide des creux que l’on reconnait l’écriure et ses fruits.

Quand les criures, écriures et autres chiures d’être se font traces, le souffle devient signes, nouures de mémoire, nouures musculaires …,

Qu’est-ce que « la nouure » au cœur du monde, sinon le nœud non éclos, le germe d’une germination en puissance, d’une transformation du dehors en dedans, révélée dans l’amour.

Devant, derrière, dans les pots, les corbeilles, les tiroirs, les crachoirs … des phrases à perte de mots, des ratures, des trous de mémoire, des traces à perte de vue, des horizons comme des éprouvettes à faire du réel.

Quand le sang se fige, ne fait plus qu’un tout d’horloge, et quand la fiente des espaces s’étame tel un miroir nébuleux, quand, où …, dans tous les épanchements des âmes défuntes et vivantes, je peux relire, reliure du ciel et de terre, les
mots chiures, déclinés ou conjugués à pleine déraison.

Est-ce par purulence ou pure urgence, que les miettes de mots et les tessons de corps, s’inscrivent et s’écrivent à l’infini, là où tout a le goût d’éternité ?

Regardez-vous, scrutez la vie dans les reflets et les miroirs d’écritures. Quand l’encre de Chine au fond des encriers ressemble à de la boue, il est temps de poser des questions à la plume : Vase d’être ou fange du paraître, c’est du pareil au même ! Dedans, dehors, le verbe dit la chair et ses chiures d’être, le cri dit l’écrit ainsi va la vie ; entre eux, entre-deux, en pleine création – encore incréée, encrée jusqu’aux majuscules de l’âme, la plume se pavane.

Mes multiples encriers sont des brouillons de culture ! La vie s’y déploie, bio diversifiée et folle de s’épandre, encore et toujours – sur le papier et dans les livres ouverts, l’écriture est une musique à pâtés, une calligraphie tâchée de sacrée.

Calligraphiures, griffures, signatures, estampillage, flexures infinies, écartelures des plaies, entre les nerfs, biffures des mots dans l’embrasure cosmique ; éraflures de peau et étranglures des casse-tête métaphysiques…,

De l’ossature des mots à la liure des discours ; de l’étrécissure des pensées et des consciences, aux déchirures humanitaires ; des découpures de nos convictions aux décousures de nos relations …,
n’est-ce pas là, dans la nature même des choses que d’être des traces d’éraflures ?

La vie est comme une empreinte qui sait se faire évasure ou saillies, ouverture ou obstruction, en mesure, sur mesure, au pas, au mot …, comme la marque de fabrique d’un gigantesque étron que nous nommons « Univers ».

Face au Réel, ne sommes-nous pas tous, sans exception aucune, de gros couillons de nature ! Loin d’être désobligeante, toute remarque n’en est que plus parlante. Si l’on remplaçait effectivement le brouillon par l’original il n’y aurait plus rien à faire, rien à vivre, et plus qu’un gros trop-plein à écrire ! L’athanor du verbe n’est-il pas un véritable bouillon de culture, un brouillon de nature face à notre inconsistance notoire qui sans cesse nous dépasse ?

Dans l’échancrure des chairs, aux paradoxes du langage qui peut tout dire pour ne rien dire du tout, il ne suffit pas de dire « ça suffixe » pour sortir de « ça », le dilemme reste de l’ordre des nouures gardiennées et aliénées de l’être.

Être ou ne pas être là n’est pas la question, c’est le pas, l’enjambée de l’être qui compte, tout compte fait, ce petit saut de traverse, ce passage à vide couleur de dépression, ces sensations de perte ou de manque qui se font passagères avec le passager, humiliure avec l’humilié, cassure avec l’os brisé.





INTRODUCTION

Réflexion poétique sur le lieu de l’écriture comme « trace de déchirure », de graphie entre l’égo et le Réel, comme Réalité au-delà de nos réalités.

L’écriture est une écorchure dans les nouures gordiennes et les déchirures de l’être. Ainsi à travers une étymologie grecque commune : Skariphos, skariphaomai, l’écriture s’apparente à l’égratignure, et le style à une forme de scarification. L’homme est un être fragmenté qui par son action sur le monde et dans le Monde, cherche à composer avec la vie. Ainsi, le poème nous introduit à la notion même de « déchirure ».

Le suffixe féminin « URE », qui sert généralement à signaler la trace laissée par quelque chose ou par quelqu'un, par son action dans le monde, sur le Monde, nous ouvre ici le voile pour nous révéler notre déchirure profonde.

Déchirure, à l’ancrure de l’intériorité et de l’extériorité ; de l’objectivité et de la subjectivité, entre lui et l’autre, entre je et tu …, c'est-à-dire toujours dans l’entre-deux ; car c’est là, dans la déchirure même, dans les ruptures et les pliures de l’être, que s’écrivent nos mémoires personnelles.

Le titre évocateur de ce recueil « Déchirure, criures, écritures et autres chiures d’être » nous exprime que chaque texte qui le compose est en même temps cris, écrits et traces dans notre propre histoire.


Ecrit par Reumond
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