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Salus



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Epilogue




Je vois la brousse qui régresse !
Moins de ronce, sous le piquant !
Quelle victoire ! On pense, quand
Y poussait tout l’horrible agreste !

Ce qui reste est rare, et la peur
Court partout, dans le poil des bêtes,
Mais, Nature ! A bien des tempêtes
Résista ton œuvre et ton cœur !

Je vois la mer qui se dessèche,
Et je prédis qu’au fleuve, l’eau
Fuira le lit, marquée au sceau
De l’oued dur à la rage rêche !

Or, profitons de ce printemps
Comme ferait l’aborigène ;
O vaste ciel que toujours j’aime,
Malgré ces gros nuages lents

Tout de poison lourd et d’oxyde,
Qui pleuvront noirs au monde sale
Quand mourront net, sous chaque balle
De pluie, agonisant d’acide,

Ces beaux brins d’herbe qu’enfants, nous
Qui mangeâmes l’ample l’étendue
Comme si la terre était due,
Ecrasions sous nos genoux nus.



Telles les bêtes affolées,
O mon amour ! Désespérés,
Parcourons savanes et près !
… Si j’inverse mes aulofées,

Que mes voiles battent le flou,
C’est que la misère m’étrangle,
Nature ! à ton mourir étrange,
Où moi-même enfonce le clou…

… Mais encore, en marchant ensemble
Aux splendeurs des derniers ronciers
- J’y vois l’âme en feu des rosiers !
...Et toi qui toute entière en tremble.

Car aussi loin qu’on voit des faîtes,
Tout n’est qu’horreur ou convulsion ;
Ma flamme ! Ma ferveur ! Si l’on
Tentait de combler nos défaites ?

Si nous courrions sous l’amandier
Y cueillir l’âpre vigilance,
Et qu’au dieux d’or de tout silence
Nous allions du sens mendier ?

Il n’est plus temps de rien y faire !
Le gigantesque processus,
Boomerang, nous reviendra sus
Dans sa violence mortifère !



Et l’œil bleu de la terre - et vert -
S’éteindra du cosmos distant,
Pupille, iris qui se distend,

Disparaît ! au vide entrouvert…




Ecrit par Salus
Tous droits réservés ©



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