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Salus



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Temps carnivores







- Etudes de moments et d'espaces -




I

Ruralité :


Un chat noir longe les claies
- Quelque chasse personnelle -
Une belle péronnelle
S'en va ramasser des baies...

Sous la nue énorme et morne
Le petit chemin sinue,
Et là-bas, toute menue
Contre un gros buisson qu'elle orne

Des finesses de son corps,
S'attaque à bien tout cueillir
- Ses jolis doigts d'en bleuir -
La glaneuse et ses trésors...

Plus loin, comme le ciel fuit,
Apparaît un bout de bleu
Qui dévoile l'astre en feu
Sous lequel tout l'air reluit !

La matinée où s'éclaire
La plane étendue atone
Est propice – on s'abandonne
A ce sport épistolaire,

Solitaire saut de haies,
Ces littéraires obstacles,
Muscle-esprit, dont tu renâcles
A franchir les ais dressés !



II

Mégapole :


...Puis, la ville et son pourtour,
Les voitures, les avions,
Les odeurs, les sensations,
Tant de gens dans le grand jour !

Maintes langues, moult couleurs,
Des harangues et des cris
- Et tous ces panneaux écrits
Semés de ces mots sans fleurs !

Nous, la bonne populace
Qui tout intègre et tout mange,
Nous qu'on s'intrique et s'échange,
Nous grouillons vers la grand-place !

Nous arrivons des banlieues
Où rien n'existe, où tout stagne,
Des cités dignes du bagne,
De ces fausses villes feues,

Pour déferler aux trottoirs
Des centres à nous volés,
Par les chantres affolés
De nos nouveaux Ordres Noirs !

Au pied vaste des vieux murs
Des clochards tendent la main ;
L'armée y patrouille en vain
(Les faubourgs sont bien plus sûrs !)



III

L'autre face :


La nuit tombe sur le monde.
Dans la solitude obscure
Quelle immensité, Nature,
Se propose à la faconde

Du bipède qui l'observe
Sans plus chercher à comprendre
Vers quoi ce tout peut bien tendre,
Par delà chaque âme serve !

...Et Séléné monte au ciel,
Toute proche, pour blanchir
De la chair ce repentir
Qui nous est universel.

Point d'épique opacité ;
Due à la lune, là-haut,
L'orbe est blafarde et l'air chaud
Est plein de lascivité !

Quelque étoile au loin s'allume,
Et des corps célestes brillent
Hors du vide où s’éparpillent
Des univers dans la brume

Déliée, opalescente,
Céruléenne et cosmique
Qu'abouche l'arche conique
Dont on se croirait le centre...



IV

Daguerréotype :


L'ombre, en proie au mur lépreux,
Tranche dans le gros soleil,
Tout le long, d'un goût pareil
Au bol frais d'un bonheur creux.

C'est calme et c'est assez laid,
C'est des souvenirs d'enfant,
C'est la chaleur sous le vent
Que le printemps décelait...

Sale et grand, plein de promesses,
Futur que rien ne reflète,
L'avenir au vieux mur jette
L’espérance de ses messes.

Un chien passe, qui trottine,
Dans le flot de la lumière,
On dirait, d'un tableau mièvre,
La fadeur et la patine.

Ça sent le gaz, le goudron,
Le Midi gréco-latin,
Les charmes de Saladin,
L'ail, l'olive et le touron...

Aux implacables rayons
L'âcre asphalte resplendit
Du Sud-Est ample ou maudit
- Quelque enfance nous ayons -



V

Espoir (voyage intérieur)


Elle est jolie et petite,
Vive intelligente et souple,
Et quelque chose décuple,
D'elle, en moi ce plébiscite :

Féminine, plus qu'humaine,
Le corps et l'esprit flexible,
Idéale et belle cible
Pour l'amour et pour la peine !

Sous son sourire enjôleur
Est-il quelque attrait pour moi ?
Me voudrait-elle pour roi ?
Réciproquement son cœur

De la même attente est-il
Fiévreusement occupé ?
- J'ai si peur qu'il soit coupé
Cet imperceptible fil

Qui, je l'espère relie
Comme au bon vin son arôme,
Comme à Marc Aurèle Rome,
Sa quintessence et ma lie !

Fille d'Eve, ravissante,
J’appréhende que tu frôles
Mon âme à vif de paroles
Dont le feu futur me hante !



VI

Film d'aurore


La noire odeur du café
Dans la laiteur du matin
Cette promesse d’éden
Où tout semble dire : Ave !

L'instant bref d'avant le jour,
Ce répit fluide, aisé, clair,
Quand le monde se fait chair
Apparaissant alentour...

Puis la brume se disperse
Dévoilant, sur l'étendue,
La canopée où, pendue,
S'évapore de l'eau perse.

Les nouvelles, sur les ondes,
Ces catastrophes hertziennes
Que l'humanité fait siennes,
Nous inondent des immondes

Et banales exactions
Routinières de l'horreur
Responsable de l'aigreur
Fermentant dans les factions

Des peuples privilégiés
Bien assis sur tous ces morts,
Ces agonisants, ces corps
Que la faim rend si légers...



VII

Relativité


Déjà vieux, mais toujours jeune,
Sale temps aléatoire,
J'entends bruire en toi la Moire
Nous guettant de son œil jaune !

Les dix premières années
Furent courtes, semblaient longues,
Mais sans les jougs et les longes
Qui font les enfances fées,

Sans l'espoir et sans l'ennui,
Puérils fruits du savoir
Ingurgités au bavoir,
Le futur, c'est aujourd'hui !

Avant naître, non vécu,
Tout ce vrai, qui m'échappa,
Dont le passé m'écharpa,
Sablier – si j'avais su !

Car ça va beaucoup plus vite !
…....Trois mille six cents secondes
Dans chacun des vastes mondes
De notre vie épiphyte,

Sans substrat ni sans racines,
Où tout encore accélère
Jusqu'au vague embarcadère,
Nocher, sur l'onde assassine.



VIII

Cybèle


Il m'avait sauté dessus,
Le printemps ! Peignant de verts
- Du plus simple aux plus pervers -
Les mornes hivers déçus.

Les près offraient, entachés
Par les flaques de cent fleurs
La tendresse de couleurs
De nuanciers étagés...

Soleil chaud mais ombre fraîche,
Un air pur qui bouge à peine,
La saison belle ? Une reine !
Et le monde était en friche...

(Chargé d'eau, dans l'azur vague,
Diffracté d'un éther pâle,
L'ample espace un peu s'opale,
Prend, sous le regard qui vaque,

Des allures qu'on étreint !)
...Cependant tournaient les cieux ;
Cependant - fermez les yeux -
Tout s'éclaire et tout s’éteint !

Godillant sur l'axe tors,
Microcosme prodigieux,
Nous allions, sous l’œil des Dieux,
Défiant les gouffres morts.





Ecrit par Salus
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