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Lefebvre



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Mon premier automne en retraite




Je suis arrivé, on m’avait prévenu, mais malgré cela je n’y croyais pas trop. C’est vraiment difficile à vivre, très difficile, je n’en peux plus, je suis anéanti. Maintenant, j’en suis là et je sais, je n’ai plus qu’à attendre la fin. C’est venu trop vite , trop brutalement, oh bien sûr je m’y attendais un peu c’était inéluctable, mais quand même j’ai du mal à me faire à cette idée. Pourtant, tout allait bien, les jours passaient plus ou moins vite, chacun avec son lot de bonheur et d’aléas. Tantôt avec du soleil de la gaieté et des larmes de joie, tantôt maussades brumeux avec des larmes de tristesse, ma vie passait comme ça, naturellement, comme pour tout le monde.
Bien sûr, vous me direz qu’il n’y a rien là qui puisse attirer une attention particulière, ça aussi je le sais. Mais pour moi, cet évènement revêt une importance capitale. Chez la plupart des gens, cela se passe sans qu’ils s’en aperçoivent. Même en leur disant ils ne comprennent pas, ils ne l’acceptent pas non plus, pour eux comme pour moi, ce n’est pas possible. Et pourtant, nous arrivons tous un jour ou l’autre à cet instant précis, ou on a le sentiment, que tout bascule. Inexorablement on prend conscience que tout est terminé, que l’on est arrivé au bout de sa route.
Jusqu’à ce jour, les saisons défilaient vite, très vite, j’étais continuellement à la recherche du « toujours plus » comme beaucoup de gens, hélas ! Je voulais faire ceci, et, cela, j’avais toujours des projets des choses plus ou moins importantes à réaliser. Je n’en avais jamais assez, mais en réalité je n’ai rien demandé de plus que tout à chacun. Au début j’étais comme tous les jeunes je voulais tout, et tout de suite, je souhaitais un bon métier pour bien gagner ma vie. Je voulais aussi fonder une famille, avoir des enfants, sans oublier une maison pour abriter ce bonheur, une voiture, des vacances, etc., etc. Rien là de très commun, de demander plus d’amour, plus de bien-être, plus de moyens financiers, plus de liberté, plus de vacances, toujours plus, plus, plus… !
Brutalement, et sans savoir pourquoi, tout est fini. Je n’ai plus envie de demander, je n’ai plus envie de courir, je n’ai plus envie de travailler. Oh ce n’est pas que je n’ai plus le moindre besoin, bien au contraire, mais cela me semble bien moins important, voire même, plus important du tout. Des idées j’en ai toujours plein la tête, mais à quoi bon, je pourrais sûrement m’en passer. À force de courir après ceci ou cela on ne se rend pas compte, mais finalement, on ne fait que courir derrière, ou après le temps.
Le temps aujourd’hui c’est lui qui m’a rattrapé, je viens brutalement de prendre conscience que je suis à l’automne de ma vie, mon dernier automne, le vrai, celui qu’il ne faut pas manquer. Oh ! il n’y a pas à pleurer, c’est pour tout le monde pareil, il fallait bien que cela m’arrive un jour ou l’autre ! En vérité, ce n’était pas spécialement ma priorité d’en arriver là si vite, je n’y pensais même pas, enfin…Je n’ai pas de regret à avoir, j’ai mené ma vie au mieux de mes possibilités, faisant face à toutes mes responsabilités à tous mes devoirs. Maintenant, c’est à la grâce de Dieu
Une larme moi, mais non un homme ne pleure pas, c’est ce vent qui charrie des poussières, moi je suis un spécialiste à chaque fois, malgré mes lunettes, j’en prends plein les yeux !
Je sais, l’automne n’est pas l’hiver ce n’est pas si grave, je vais m’habituer, il me suffit de réfléchir, d’orienter ma vie de façon différente. Il faut trouver d’autres idées, d’autres projets, après tout je ne suis pas encore mort. Je ne vais quand même pas me laisser aller, comme ça, sans réagir.
Bien, je dois envisager et étudier les choses posément, tranquillement. Je vais déjà passer un peu plus de temps à la maison, il y a beaucoup à faire. Par exemple, il faudrait bien que je m’occupe de mon jardin, de mes fleurs. Il faut aussi refaire ces papiers peints qui commencent à jaunir, dans toutes les pièces de la maison. Nous pourrions faire quelques voyages, ma femme et moi, tous les deux en amoureux. Jusqu’à ce jour nous n’en avons pas eu tellement l’occasion, la vie n’a pas toujours été facile, avec les enfants, les petits enfants, vous savez… ? Soudain, j’y pense, je pourrais essayer d’écrire un livre, pas une autobiographie non, ma vie a été trop banale. Mais un livre où je raconterais toutes les misères cachées que j’ai rencontrées dans ma vie de militant, et dans mon entourage. Un livre pour dénoncer tous ces malheurs engendrés par notre société, c’est une tâche très importante. Pour exploiter sincèrement et complètement un domaine aussi vaste, un tome ne sera pas suffisant (mais pour un début), et puis je ne sais pas si j’en suis capable, enfin je verrais bien, en priant ma muse.
Finalement l’automne de la vie, quand on y réfléchit un peu c’est assez joli. C’est la fin de l’été bien sûr, mais c’est aussi le début d’une merveilleuse saison pleine de couleurs et d’espoirs. Les arbres se couvrent d’une palette de teintes à faire rêver tous les peintres. Les feuilles multicolores emportées par le vent tombent sur les gazons d’un vert puissant. Il reste toujours quelques roses dans les jardins et il y a encore de très belles journées ensoleillées pour nous permettre de flâner dans la nature. Il y a plein de champignons dans les bois, de quoi rassasier plus d’un gourmand ! Heu !!! je vais faire un peu régime aussi, car j’ai le ventre qui s’arrondit. C’est la première fois que je vis cette saison avec autant de bonheur, c’est beau la vie ! Oh, bien sûr je reconnais que je n’ai pas toujours eu ce moral, mais aujourd’hui c’est différent, c’est le premier automne ou je prends vraiment conscience que je suis à la retraite.
Mon premier automne, vous vous rendez compte quelle chance, c’est formidable, c’est extraordinaire, c’est plein de promesses, c’est plein de… et de…plus, toujours plus, plus, plus. Que voulez-vous, on ne se refait pas !
Lefebvre



































Ecrit par Lefebvre
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