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  •  Rimes embrassées [rime]
    Définition :
    Les rimes embrassées suivent la disposition ABBA ; ainsi, le premier vers rime avec le quatrième et le deuxième avec le troisième, dans le cas d’un quatrain.

    Exemple(s) :
    [...]
    Elle disait en son langage
    Les " serments du premier amour ",
    Votre coeur à moi pour toujours
    Et toutes les choses d'usage.
    [...]
    Paul Verlaine, A madame X
  •  Rimes suivies ou plates [rime]
    Définition :
    Les rimes suivies respectent la disposition AABB ; ainsi, le premier vers rime avec le deuxième et le troisième avec le quatrième, dans le cas d’un quatrain.

    Exemple(s) :
    Que savons-nous de plus ?… et la sagesse humaine,
    Qu’a-t-elle découvert de plus dans son domaine ?
    Sur ce large univers elle a, dit-on, marché ;
    Et voilà cinq mille ans qu’elle a toujours cherché !

    (Alfred de Musset, in Rêverie)
  •  Rondeau [forme]
    Définition :
    Poème originaire du moyen-âge, généralement composé de 13 vers (parfois de 12 à 15 vers).

    Il possède deux rimes différentes (8 vers d'une même rime et 5 de l'autre) souvent organisées ainsi : abba abab abbaa.

    Doit être composé en 3 strophes isométriques (Quatrain/Quatrain/Quintil ou Quatrain/Tercet/Quintil ou Quintil/tercet/quintil...)

    Le rondeau utilise le procédé du rentrement : il s'agit de répéter le 1er vers (en tout ou partie) à la fin de la deuxième et de la troisième strophe.

    Il est généralement écrit en octosyllabes (et en décasyllabes)


    Exemple(s) :
    « Que nous en faisons
    De telles manières,
    Et douces et fières,
    Selon les saisons !

    En champs ou maisons,
    Par bois et rivières,
    Que nous en faisons
    De telles manières !

    Un temps nous taisons,
    Tenant assez chères
    Nos joyeuses chères,
    Puis nous apaisons.
    Que nous en faisons ! »

    Charles d'Orléans, Rondeaux, XVe siècle.

  •  Septain [strophe]
    Définition :
    Strophe composée de 7 vers.

    Exemple(s) :
    Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre
    Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;
    Nous nous parlerons d’eux à l’heure où tout est sombre,
    Où tu te plais à suivre un chemin effacé,
    À rêver, appuyée aux branches incertaines,
    Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines,
    Ton amour taciturne et toujours menacé.

    Alfred de Vigny, La maison du Berger, in Les Destinées
  •  Sextine [forme]
    Définition :
    La sextine est une forme fixe de poésie composée de six sizains. Les six mots rimés du premier sizain sont répétés dans chaque strophe mais selon un ordre déterminé. Elle se termine par un demi sizain reprenant les six mots rimés (C’est la tornada).

    Le glissement des rimes dans chaque strophe se fait selon l’organisation suivante :
    1 2 3 4 5 6
    6 1 5 2 4 3
    3 6 4 1 2 5
    5 3 2 6 1 4
    4 5 1 3 6 2
    2 4 6 5 3 1

    Exemple(s) :
    LA CLAIRIÈRE

    Non loin encor de l’heure où rougit la nuit sombre,
    En la saison des nids et des secondes fleurs,
    J’entrai dans un bosquet, non pour y chercher l’ombre,
    Mais parce qu’on voyait, sous les feuilles sans nombre,
    Palpiter des rayons et d’étranges couleurs,
    Et l’aurore au soleil y disputer ses pleurs.

    Mon sang, dans le trajet, teignit de quelques pleurs
    Les aiguillons du houx et la barrière sombre
    Que l’épine et la ronce aux vineuses couleurs
    Avaient lacée autour de l’asile des fleurs.
    Dans la clairière enfin quel m’apparut leur nombre,
    Alors que du fourré j’atteignis la pénombre !

    Harmonieux réseau de lumières et d’ombre !
    Là tous les diamants de la rosée en pleurs,
    Les perles à foison, les opales sans nombre,
    Dans la neige et dans l’or ou le rubis plus sombre,
    Frémissaient, et, filtrant de la coupe des fleurs,
    Allaient du doux feuillage argenter les couleurs.

    C’est alors qu’une Fée aux charmantes couleurs,
    Sortant comme du tronc d’un grand chêne sans ombre
    Qui défendait du nord le royaume des fleurs,
    Apparut à mes yeux encor vierges de pleurs.
    Elle me dit : « Ainsi tu fuis la route sombre,
    Et de mes ouvriers tu veux grossir le nombre.

    « Contemple mes trésors, et choisis dans le nombre ;
    Avec art, à loisir, assemble leurs couleurs ;
    Compose ta guirlande, et, si le vent plus sombre
    En bannit le soleil et les sèche dans l’ombre,
    Répands-y de ton âme et la flamme et les pleurs :
    Des rayons immortels jailliront de ces fleurs. »

    Je vous cueillis alors, chères et chastes fleurs,
    Et je n’ai plus tenté d’accroître votre nombre.
    Celle-là n’a voulu que mon sang et mes pleurs,
    À qui je destinais vos royales couleurs ;
    Et je suis revenu, pour vous sauver de l’ombre,
    Vers la Fée elle-même, avec le cœur bien sombre.

    Plus sombre en est le deuil qui s’entoure de fleurs ;
    L’ombre pour nous calmer a des oublis sans nombre,
    Mais aux couleurs du jour se ravivent les pleurs.

    Ferdinand de Gramond
  •  Sizain [strophe]
    Définition :
    Un sizain est une strophe ou un poème composé de 6 vers.
    Il se présente principalement sous 2 formes : sur deux rimes, selon le schéma AABAAB, ou sur trois rimes, selon le schéma AABCCB.
    Lorsque le 3ème et le 6ème vers est court, on parle de strophe couée.

    Exemple(s) :
    Les sanglots longs
    Des violons
    De l’automne
    Blessent mon coeur
    D’une langueur
    Monotone.[...]

    Paul Verlaine, Chanson d’automne in Poèmes saturniens
  •  Zeugma [figure]
    Définition :
    Le zeugme (ou zeugma ou encore attelage) est une figure de style qui lie syntaxiquement deux ou plusieurs mots ou groupes de mots, en les subordonnant au même mot (souvent un verbe) sans que celui-ci soit répété. Cela provoque souvent un effet de surprise, lié au fait que les termes ainsi rapprochés ne se rapportent pas au verbe de la même manière.

    Exemple(s) :
    "Contre ses persiennes closes, Madame Massot tricote, enfermée dans sa chambre et dans sa surdité."
    (Roger Martin du Gard)
    Les compléments du participe "enfermée" associent un terme concret (sa chambre) à un terme abstrait (sa surdité). L'attelage produit l'effet comique recherché.

    "En une semaine, elle m'avait habillée avec goût et appris à vivre."
    (Sagan)
    Les participes passés conjugués avec avoir (en ellipse pour le second)associent des champs sémantiques différents:concret pour le premier, abstrait pour le second.
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