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Ce sujet a 245 réponses, 14 participants et a été mis à jour par  Salus, il y a 10 heures et 57 minutes.

15 sujets de 181 à 195 (sur un total de 246)
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    Messages
  • #1830

    Salus
    Participant

    Instantané

    La terre est molle et tiède,
    Et la lumière floue
    – L’averse proche y aide –
    Ouvre au tableau, le cloue,

    Electrique et vibrant,
    Aux bleus ocreux du ciel
    Sinistre, calme et grand,
    Et bientôt torrentiel.

    Pas une seule bête ;
    Le vent noue et dénoue
    Les roseaux à leur faîte
    – L’air semble fait de boue –

    Puis le souffle, virant,
    Se fait rare, partiel ;
    Au cosmique cadrant
    Croît l’Ogre exponentiel

    Dont Zeus, là-bas, s’enivre.
    Plus un oiseau ne chante,
    Tout, à l’orage, livre
    Une attention patiente.

    Et, comme un air de fifre,
    Une rumeur méchante,
    Lointaine, qu’on déchiffre
    Mal, mais pourtant vous hante :

    C’est le remugle musical
    Du tonnerre énorme et lointain
    Baisant l’azur d’un madrigal
    Spectaculairement hautain !

    Et l’atmosphère humide est tendue à craquer
    Et l’on entend gronder toute une apocalypse

    Une lueur fulgure et l’azur va s’arquer
    – Les temps sont suspendus, dans ces vapeurs d’éclipse –

    #1831

    Salus
    Participant

    Guignon, faveurs, auspices.

    Un peu de pluie à la figure
    Et puis du temps, pour la blessure,
    La peine, usure de l’esprit.
    Un petit coin de toi qui rit.
    Affects d’holothurie en rut,
    Rien du k.o, de l’uppercut,
    Mais rien non plus de bon augure ;
    Rien qui satisfasse ou rassure !

    Une histoire où perdre son temps,
    Comme des pierres aux étangs,
    Comme le sel dessus l’épaule
    Et dont le souvenir s’envole
    Avec ces cornes qu’on emboule
    De mémoire – que l’on ampoule –
    Adieu, minuscules autans,
    Adieu corniches et redans ;

    Plus rien dans cette vie abrupte
    Où j’accroche et qui me coopte !
    J’irai seul dans mon vol, planer,
    Ma voile est bien loin d’empanner,
    Et par la Muse s’enflammer
    Pour moi revient à me pâmer
    Au point qu’un anévrisme rupte
    – En tout cas c’est ce pourquoi j’opte –

    …Mais je suis ronchon sans déduit,
    Et, vrai – cochon qui s’en dédit,
    Je saurai fougueusement plaire
    Au cœur épris de la première
    Dont l’amour servira de phare
    Dans l’orbe nuit où je m’effare
    Et dont le champ toujours réduit
    Fait que mon âme s’attiédit…

    Quoique je pérore et je hâble
    Sur ce sort, jamais charitable,
    J’attends pourtant qu’il tourne enfin
    Pour pouvoir goûter l’églefin
    – Le nanan d’amour, et son vin,
    Quelque grand nectar aigre et vain.
    (Car c’est amer qu’être jetable
    Et c’est sur de l’or, que je table !)

    Princesse, hypothétique flirt,
    Sache que rien n’ira sans heurt ;
    Nous essuierons bien des ravages ;
    Les déceptions sont de nos âges
    Comme la blancheur de ces neiges
    Qui s’érigent en pâleurs grèges
    Sur le col ouvert du tee-shirt,
    Annonçant que bientôt, l’on meurt.

    #1832

    Marcek
    Participant

    Un poème animal où tous les sens sont aux aguets, où le ciel rencontre la terre en une formidable copulation !
    Terrons-nous, Zeus se venge et veut nous punir!
    Ainsi tremblaient les hommes dans leurs grottes…
    Ainsi tremblent toujours les animaux !
    Et peut-^^etre nous-m^^emes, parfois !
    Les circonflexes se dérobent, c’est encore un coup de Zeus !

    #1833

    Marcek
    Participant

    Je parle du premier poème, bien s^^ur, mais Salus dégaine si vite que ma lenteur de tortue s’emp^^etre à le suivre.
    Mais pourquoi mes chapeaux s’envolent à l’autan ?

    #1835

    Salus
    Participant

    Ciel ! déjà l’automne ?

    Tu veux du temps entre deux textes ?

    #1837

    Anonyme

    (moi j’en veux bien du temps, rire…)
    je parle du deuxième poème sur la page : il m’a émue !
    merci salus.

    #1838

    Marcek
    Participant

    Mais non, jeune homme, postez, postez à votre gré !
    C’est la lenteur de la vieillesse qui en aucun cas ne doit brider l’impétuosité des vif-argent !

    #1840

    Marcek
    Participant

    Moi aussi, Prune, il m’a émue, aussi me suis-je abstenue de le commenter…et ce n’est pas ma lenteur, là, qui est en cause !
    Salus, as-tu fini de nous émouvoir, oui ?

    #1845

    Salus
    Participant

    – L’émotion est une corde de la lyre –

    …Ce qu’il y a de pratique, avec l’écrit, c’est que c’est repérable longtemps (titre, mètre, sujet), mais si le jeu, c’est de commenter « en temps réel », pourquoi pas ?
    (ça me rappelle Aurore, elle est où, l’Aurore ?)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 1 jour par  Salus.
    #1847

    Marcek
    Participant

    Oui, c’est vrai que pour te commenter, l’Aurore était la championne !
    Eric nous dit qu’elle n’arrive pas à se connecter sur cet ersatz de site…elle doit piétiner dans l’espoir de nous retrouver !!
    Courage, Aurore, courage!

    #1848

    Salus
    Participant

    Au plus près du réel

    J’entends, la nuit, Nature bruire,
    Je vois, du chat, l’œil rond reluire
    – J’aime le nocturne univers –
    Aux fastes blancs des froids hivers,
    Même au plus fort de cette aigre ire,
    Lors de ces noirs de lune offerts,
    Je me glisse à l’obscurité,
    Au vide troublant de l’espace
    Où l’on voit mieux ce qui se passe
    Qu’au soleil – sensé vérité !

    L’ombre vraie est d’or mérité,

    Je descendrai dans la crevasse,
    Au profond des limons de vase,

    Vers l’opaque sécurité

    #1862

    Anonyme

    Ainsi soit-il (Vi, je sais je suis une peste! Rire)

    Le bruit des choses inaudibles
    Se dorlote aux creux « d’émois »
    Envasés dans l’ombre secrète
    De doux être(s) à l’envie ensoleillée…

    Nous le savons tous, je crois…
    La mort rôde et ne cherche
    Plus bel apparat qu’en orbe
    Pas souillés et cils mouillés.

    Je remonterai encore et encore
    À perdre souffle aux vents chantés
    Ces rais de chaleurs camouflées
    Aux plus beaux appels sertis failles

    La vie rôde aussi…

    (Funambule et nez rouge)

    #1863

    Salus
    Participant

    Pétole

    Mais ! ? ma Muse est partie, encore !
    Ah ! fi donc de cette pécore !
    Si son amour joufflu me fuit,
    Hélas, si plus rien ne reluit

    En ces mots, qu’aux rimes je dore,
    Se désaccorde la mandore
    Dont je joue, et qui se réduit
    A des accords que je déplore :

    Le poète aurait de l’ego ?
    – Et plus en aurait, serait gros !
    Mais son taf, c’est de la musique ;
    Tout le reste est antithétique !

    Le poète est sur ses ergots :
    L’Ogre en lui présente les crocs !
    C’est son ressenti du tragique
    Qui fait faire ces yeux mi-clos…

    Le poète ? il vaut pas tripette !
    Hors son art, rien de lui ne prête
    A frayer avec ses pareils
    Dont les mots servent d’appareil !

    (Cherchez donc, il n’est de pire être
    Que ce pitre au son qui s’empêtre
    Dans ces sens aux tons de vermeil,
    Lui qui sur son propre être empiète !)

    Si le poète épate tant
    Le public curieux et patient
    De babils et de mélodies
    – Et d’hommages à mes ladys ! –

    C’est que le rythme en est patent
    (Pour la rime ? toujours partant !)

    … Sauvez les chansons mal loties
    Qui de fleurs s’honorent, pourtant !

    #1869

    Leonard
    Participant

    Attardé mental
    Manque à mon régal
    Vital à quoi bon
    Presser mon citron

    Je passe et repasse
    Pour que bien me fasse
    Cette tasse acide
    Où mon cœur se vide

    N’est qu’au fond le miel
    Las superficiel
    Mon sens effacé
    N’a rien vu passer…

    Bon, cette fois j’ai touché les fonds…
    On a gââgné !

    Merci Salus !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 1 jour par  Leonard.
    #1871

    Salus
    Participant

    Merci à toi, Léonard, pour tes vers, toujours musicaux.

    (A »Pétole », j’ai supprimé la répétition du second quatrain, on lira au deuxième vers : « se dissocie une mandore »)

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