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Auteurs Messages

Brune
Membre
Messages : 4


Posté à 19h42 le 12 Aug 20

Grand merci à vous, Catherine et Eric, pour ces mots qui m'auront plus que touchée.
Dès que j'aurai rattrapé mon retard de lecture, je reviendrai fleurir ce morceau de jardin expressif qui m'est cher et que vous avez aimablement conservé. Bien à vous.
Au plaisir...


Brune
Membre
Messages : 4


Posté à 22h03 le 15 Aug 20

Bonsoir tout le monde !

Il faut que je vous dise.
Récemment quelqu’un m’a fait savoir que, pour bien écrire, mieux valait savoir compter.
Mais compter quoi ?
Ses pieds, m’a-t’on répondu.
Oh, ben, pour moi le compte fut vite fait, vu que je n’en ai que deux.
Ceci dit, je me suis, du coup, intéressée aux nombres et autres chiffres tout autant qu’aux expressions y afférant.
Le premier qui m’est venu à l’esprit fut le 36.
Comme le Quai des Orfèvres ?
Ah non, ce est pas le bon film.
Surtout depuis que la PJ a changé d’adresse.
Je m’égare, je m’égare.
Revenons donc aux 36 en autres pointures.
Comme qui dirait le trente sixième dessous où l’on est parfois, les trente-six chandelles à voir ou le trente-six du mois qui ne sait jamais le jour.

Le trente-sixième dessous
(qui peut se dire, aussi, le troisième dessous).

Autrement dit : "Être dans une situation critique", "Essuyer un échec cuisant", voire "Tomber dans la misère, dans une extrême détresse".

Cette locution, datant du 19è siècle, est issue du vocabulaire du théâtre ; les dessous signifiant les niveaux inférieurs de la scène où sont les accessoires et où s’affairent les machinistes.

À l'Opéra de Paris, il y avait trois dessous. Et lorsque la pièce était mauvaise au point d’être sifflée, les acteurs cherchaient à se cacher au plus loin, au plus bas. Ainsi dit-on que, lorsque mauvaise, la représentation était tombée dans le troisième dessous.

Par suite, l'expression a désigné toutes sortes d'échecs avant de s'appliquer aussi aux personnes qui tombent très bas, dans une misère noire ou dans une grande détresse psychologique.

Par effet d'exagération, le troisième dessous est devenu le quatorzième jusqu’à faire, d'un cran arrière, bond au trente-sixième ; le seul usité de nos jours.

Enfin, il semblerait que, toujours en corrélation avec le monde du théâtre, le "troisième dessous" désigne également le niveau le plus profond, le plus secret des pensées de quelqu'un .

Ceci écrit, il serait bien sympa que vous qui lisez veniez mettre ici, de quelque mots, votre grain de sel… histoire d’apporter de l’eau à ce moulin de paroles en partage… qui, faute de cela, pourrait bien se tarir.

Merci.

Bien à vous tous.
Au plaisir…


Tigrou
Membre
Messages : 240


Posté à 22h32 le 15 Aug 20

Ayant dans un commentaire récent évoqué le plongeon du 7ème ciel au ...36ème dessous, je me dois d'en préciser l'origine :

On se trouve au septième ciel lorsqu'on est au comble du bonheur. La formule s'utilise aussi pour décrire le plus haut point du plaisir sexuel.

Le ciel est le seul lieu que l'Homme n'a pas encore totalement exploré et compris. D'où vient-il? De quoi est-il fait? Qu'y a-t-il «au bout» du ciel? Depuis toujours, les humains sont fascinés par cette toile bleu marine constellée qui s'exhibe au-dessus de leur tête. Et depuis l'Antiquité, ils tentent de l'expliquer. C'est à cette période qu'est née cette locution exprimant la félicité.

À l'époque, n'en déplaise au pauvre Galilée, on pensait que la Terre était à l'univers ce qu'est une reine à son royaume. En clair, on imaginait que tous les objets stellaires tournaient autour de notre planète. Ces objets, pensait-on, étaient englobés dans des sphères transparentes, car ils présentaient chacun des mouvements et trajectoires singuliers. Chaque sphère correspondait à un ciel distinct. Il y avait le ciel de la Lune, puis celui de Mercure, de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne!

Dieu, le maître de l'univers, trônait quant à lui dans une sphère surplombant toutes les autres et portant les étoiles, nommée le firmament. À cette époque, lorsqu'on était dans un état de bonheur total, on disait «être ravi au ciel» ou bien «être au troisième ciel». Car c'est dans ce dernier que se trouvait Vénus, la déesse de l'Amour. Être ravi au ciel signifiait donc au sens propre être arraché du sol et emmené vers les cieux!

Chaque ciel représentait un degré de plaisir. Au fur et à mesure, le bonheur s'est élevé encore plus haut, pour se nicher dans le ciel de Saturne. L'expression «être au septième ciel» était née. De l'autre côté de l'Atlantique, les Québécois disent quant à eux «être aux oiseaux».

Finalement, qu'importe le lieu, s'élever au septième ciel ou au milieu des oiseaux est toujours un ravissement exquis.

(in site du Figaro ...qui n'est pas ma lecture habituelle !!)


Mahea
Membre
Messages : 599


Posté à 23h36 le 15 Aug 20

Je vous lis depuis...Et souhaitais vous le faire savoir, car le plaisir est total de parcourir
vos "phonations" ultrasoniques et drôles. Plaisir de ton retour, Brune.


Mahea
Membre
Messages : 599


Posté à 15h19 le 16 Aug 20

J'ose et je me lance (enfin pas trop fort, c'est que le ciel est bas aujourd'hui)

« Du bout des lèvres », je vous assure qu'en faisant « la fine bouche », je pensais bien souvent que la vérité sortait de la bouche (petite) des enfants, la spontanéité ayant valeur fugace ; je me contente donc ici d'une bouche en « cul de poule » pour susurrer quelques divagations.

Commençons par le « bout » du XVème siècle ; qui joua un rôle dans la parole, percutant celle-ci d'un souffle antonyme à l'aérodynamisme avec un excès de pudiponderie.
Ce dernier (souffle) qui, du fond de nos entrailles voguant vers la bouche, embrasa en enfilade les lèvres, ce qui me permet d'expulser vers vous moults allocutions...

Si petite était la bouche à sa naissance, vous suivez ? Elle devint fine en grandissant, afin de lui accorder le droit d'exprimer son goût pour le négatif, le péjoratif, le difficile et le délicat.

Jamais elle ne s'échancrait sur l'émail puritain tenu par un sourire « du bout des lèvres », un rire jaune n'est pas si apprécié sans l'existence d'une brosse à dents qui faisait sans doute à cette époque, défaut.

Quant à l'articulation, ce n'est pas son fer de lance, et pour cause ; raffinée à sa source elle évolua bientôt vers des simagrées à l'exigence pincée, que ce soit de manger, de rire ou de prononcer ; son appétit frugal gardait en des lieux, bien au fond, l' opposition qui lui était propre.

Alors, du fond du cœur, n'oubliez pas que les mots sont fléchés et que la gourmandise de la vie vous invite à bailler bouche baie,si cette lecture a été en de ça par cet émonctoire.


Salut Au plaisir de vous retrouver



Ce message a été édité - le 16-08-2020 à 15:26 par Mahea


Ensuspens
Membre
Messages : 459


Posté à 15h56 le 16 Aug 20

Mahea,
J'ose, tu devrais poster ton post dans Poésie.
Mais quel pied de te lire !
Salut


Brune
Membre
Messages : 4


Posté à 21h45 le 17 Aug 20

Si vous saviez, Mahéa et Tigrou, combien votre venue et vos mots m’ont fait plaisir tout autant que touchée.

Je vous en remercie infiniment.

J’ignorais l’origine exacte du "septième ciel" et je te sais gré, Tigrou, de me l’avoir apprise.

Je ne savais pas non plus l’expression québécoise "aux oiseaux" que je trouve bien joliment imagée. Je ne peux donc qu'être enchantée de, désormais, la connaître.

Pour ce qui est dudit journal, j’avoue que ce n’est pas, non plus ma feuille de chou usuelle.
Je lui préfère nettement la lecture ou l’écoute d’un Sol en "odieux visuel", par exemple :)

Tu as bien fait, Mahéa, d’oser et de te lancer. Ce que tu as écrit, de bouche à bouche :), est absolument sublime de poésie, de fantaisie et d’élégance. Cela me laisse sans voix. J’ai, par ailleurs, énormément apprécié ton post précédent disant ton agréable lecture de ce topic. Je suis, également, ravie de te retrouver en ce lieu.

Je reviendrai, sous peu (autrement dit dès que le temps me fera un peu moins défaut), de quelques expressions, faire écho à vos propos.

Bien à vous deux.

Au plaisir...




Ce message a été édité - le 17-08-2020 à 23:06 par Brune


Folamour
Membre
Messages : 2


Posté à 07h27 le 18 Aug 20

Juste une petite expression dont je ne connais pas l origine mais qu'il m'a été donné d 'entendre par un percheron :

" j'men bats les flans à coup de pattes d 'anguille"

je l'avais gardée pour moi mais comme elle est savoureuse je vous la signale


Oxalys
Modérateur
Messages : 2413


Posté à 13h30 le 02 Sep 20

Amusante, cette expression percheronne, je ne connaissais pas. J'ai quand même un doute concernant l'orthographe du mot "flan" (pâtisserie) .... ce ne serait pas plutôt "flanc" (anatomie) ?

J'dis ça parce qu'il y a du côté du Lyonnais, dont je suis originaire, une expression qui signifie à peu près la même chose :
"je m'en bats l'oeil et le flanc droit. clindoeil


Oxalys
Modérateur
Messages : 2413


Posté à 13h36 le 02 Sep 20

Allez, c’est la rentrée !
Finies les vacances
Grand temps de se replonger dans l’étude des expressions populaires plus ou moins tombées dans l’oubli.
En voici une qui devrait intéresser les apprentis-poètes ou ceux qui, comme moi, ne sont jamais à l’abri d’une bourde prosodique :


"C'est coton" la poésie.
C'est contraignant, difficile!



Cette expression vient de l'argot du XIXe siècle. A cette époque, il était difficile de tirer une production de qualité du tissage de cette matière première naturelle. Le personnel des filatures qui effectuait ce travail avaient l’habitude de dire : « c’est coton ». Par la suite, elle s'est étendue pour qualifier d'autres tâches contraignantes.


En résumé : quand c’est coton, c’est que cela ne va pas de soi(e)

clindoeil


Mahea
Membre
Messages : 599


Posté à 21h53 le 05 Sep 20

Coucou à tous,

Afin d'harmoniser la fibre végétale que nous a tissé avec finesse Oxalys, je rallongerais bien volontiers les vacances...

En décrochant le cocotier vous auriez tendance à penser, que l'heure est venue pour vous d'empocher le gros lot, si vous êtes un inconditionnel des jeux de hasard, ou, d'emporter le jambon qui pend dans la salle des fêtes du Bourg lors du dernier loto où vous avez fait carton plein.

Et si juste triompher d'un tout petit rien suffisait à votre bonheur, vous pourriez aussi emprunter cette expression : « décrocher le cocotier », même si vous êtes plutôt continental qu'insulaire.

Et pourtant, on rattache facilement cette expression aux îles.
Et si très amoureux, vous voulez tenter l'expérience, et crapahuter tout en haut du cocotier pour bramer votre amour à votre vahiné qui nage sensuellement dans les eaux turquoises ; et, n'oubliez pas... Décrochez lui la plus grosse noix de coco du coin .. Hé hé... Bon courage !... Mais, il n'en est rien !

Cette expression assez récente date du XIXe siècle. Elle a très vite subi une transformation exotique et maritime (à cause du mât). Car figurez vous, qu'avant d'être cocotier, il était mât de cocagne dressé dans les hameaux, ces derniers étaient enduits de suif ou de savon noir pour bien sûr les rendre glissants.

Lors de certaines fêtes dominicales au village, ou lors de distractions qui engageaient les marins les plus acrobates, jeunes et plus ardents grimpeurs bravaient et rivalisaient d'ingéniosité pour atteindre la cime du mât où étaient accrochés à différentes hauteurs, victuailles, cigarettes, alcools et, au pinacle... Une timbale en argent.
La décrocher, « la timbale » assurait au gagnant sa rincée de rhum, et vous en conviendrez, c'est plus goûtu qu'un jus de noix de coco.
Salut



Ce message a été édité - le 06-09-2020 à 08:57 par Mahea

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