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LES COMMENTAIRES RECUS:


Machajol [10/11/19 18:10]
Merci chère Ombrefeuille !


Ombrefeuille [25/10/19 17:29]
Suis dingue des chats et je kife la poésie de Baudelaire. Alors Baudelaire qui poétise sur un chat ... j'accours !

Lecture fort suave, et j'aime qu'on voie ces petits félins comme des dieux lares, des "domovoï", esprits protecteurs des maisons en Russie.

Merci, Macha :)


Machajol [24/10/19 11:48]
Tu peux, tu peux !!


Salus [03/10/19 20:19]

Je n'étais pas revenu ici...

Je ronronne de contentement !


Arcane [17/09/19 09:59]
Entre le chat, Baudelaire et Salus
Trilogie d'amour murmuré,
Amis Inséparables au surplus
Je ne sais pas lequel préférer !

Bravo, Baudelairus :)



Machajol [08/09/19 00:30]
Il eut fallu que Salus passa par là pour "mettre" ce chat dans tous ses états !! le chat pour moi est inspiration style, André Marleau qui je crois en avait un sur son bureau, … pour Baudelaire aussi d'ailleurs !

Quelle inspiration en tous cas , chapeau maître Salus !!


Salus [07/09/19 21:16]


Chatrains :

Je hais du chat l’ignoble patte
La moustache et le regard faux
Pourtant la souplesse m’épate
De ce monstre au pelage chaud.
_

Le ronronnement reposant du tigre
Est partagé par l’espèce à l’œil vif
Exquis massage de l’âme où l’on vibre
Au tréfonds de l’être contemplatif.
_

La douceur et le poil suave du greffier
Sont comme la beauté du plus douteux des anges ;
On l’aime, il nous capture en des transes étranges,
Mais il est fier, il feint, nul ne peut s’y fier.
_

Aiguilles, pelote au pelage doux,
Petite machine aiguë, effilée !
Souple, affûté, félidé des égouts,
Griffon, vouivre aux enfers affiliée !
_

Patte en velours, ton ronron ment,
Tu n’es, sordide opportuniste,
Câline au solitaire triste
Que par intérêt - carrément !
_

Minet, qui joue avec tout ce qui bouge,
Arrose en douce - au salon - je vois rouge !
De l’astrakan qu’il compisse, le poil ;
Le tapis pue, il, minou, risque un pal !
_

Chat botté, chat-huant, chacal,
Abyssin regard de rorqual,
Par Baudelaire ou par Chagall
Peint par tous, pour l’œil un régal !
_

Foin de ce qu’il n’aime !
- Ni l’eau, ni le froid -
Donnez-lui le blême
Lait, nectar qu’il boit.
_

Leurs amours tumultueuses sont
Du démon la trace indubitable
Rien en eux n’est pur, saint ni fiable
Pourtant l’ange aux félins se confond.
_

Sur mes genoux chauffe un chat,
L’hiver crache son grésil,
Il baille et je vois bien qu’il
Songe au poisson qu’il pêcha…
_

Il me regarde avec son œil doré
On le dirait de Gustave Doré
Il est exact qu’on pourrait l’adorer
Tout aussi bien eût-on pu l’abhorrer.
_

Douceur voluptueuse des
Ventres ronds et pattes pelues
- Si jamais sont ces rimes lues,
Encensant ces félins guindés.
_

Si sa queue est cassée, oui ! Son poil est splendide ;
Facilement hâbleur, le superbe angora
Prétend de Séléné – quand ce n’est pas de Râ,
Que légitimement, des dieux vient tout son fluide !
_

Dans le félin gît un sphinx qui s’ignore,
Terriblement, quand il chasse et se fend,
Toute proie, ailée ou souris, ressent
L’ivresse affreuse au baiser carnivore.
_

Il est, de griffes, rétractable,
Sa langueur ? un rêve d’enfant !
Mais son cri frôle l’olifant,
Fou furieux miaulant comme un diable !
_

Dans l’œil atone et d’or du fauve sublime,
Dorment des expressions et des rêves longs
Qui, dans son ventre creux, voués aux violons,
Incubent aux boyaux - porteur de quel crime ?
_

Du chaste chat, l’auguste queue
Pencherait inversement que,
Au pourchas de quelque gros rat,
L’équilibre en sert l’odorat !
_

Le félin d’Ophélie,
A la fée affiliée,
Des eaux s’est défilé ;
Se noyer ? C’est folie !
_

Tu ne remettras, bas les pattes !
Pas les moustaches sur mon lit
Car des chats, dans le Livre on lit
Qu’ils sont démons, diables, pirates !
_

Farauds mistigris,
Pupilles fendues ;
Aux nuits défendues
Tous les chats sont gris !
_

En moi dort à jamais un matou,
Leste queue enroulée à son cou ;
Mais tout sommeil félin parcellaire
N’est que trêve et fugace repaire !
_

Chats d’ermites,
Chattemites !
Abyssins
Médecins.
_

Minet qui mord mon pouce me doit
Pour tant m’avoir attaqué le doigt
L’inspiration que d’avec la plume
Et mon index le poème allume.
_

Chat botté
Bachoté :
Peu coté,
Bah ! Beauté…
_

Enroulée en un sommeil lourd,
Au matin, quand le soleil sourd,
Les souris de chasser, s’arrête
Chaque chatte - et le rat halète !
_

Once, ocelot, vrai félin de gouttière,
Raminagrobis ou grippeminauds,
Harets errants, lynx, servals chemineaux,

Princes des nuits, discrets rois de la terre.





Typique [27/08/19 05:52]
oh mon Dieu que les mots de ce génie me vont droit dans l'âme !


Domenica [26/08/19 11:00]
Merveilleux poème, merveilleux Baudelaire, merveilleux chat....
Merci Machatjol :)





Machajol [26/08/19 05:50]
Je préfère la partie II !