Madame la Poésie (II)

Ô ! Mon élue, ma muse, ma douce et passionnée, mon venin vénéré…
Qu’en as-tu fait de ma braguette…
Mais quel autre barbon aura su tant t’aimer…
À quelle âme prochaine seras-tu morcelée…

Quel autre mieux que moi
Quel autre mal chronique, sous ta jupe levée, aura su te convaincre…
Combien de rêves et de fantasmes, déracinés du cœur ?

Garde-moi, mon amour, en ton ventre mouillé, ta plus douce colère…
Ton visage d’acier et ta larme de sang…
Nous veillerons le soir des poussières de lampe
Un fanal de chair, tant nos cendres perverses, à portée de tes dents…

Quand va l’oeil du tendre humer tes profondeurs
Où va lustrer de pourpre, une langue qui meurt, aux pieds d’une statue.

Combien de rien et de si peu, de supplices et de feux
Tant mon sexe dressé, en nage de ton cul…
Pour que ta bouche s’ouvre, à l’unique saveur.

Combien de temps chéris, après tous nos silences
Pour que le croque-mort, trinque à notre candeur, enivrée du mépris…

Quelle autre belle Amie...
Quelle autre muse tendre , aussi pure que brève, à mon mal chéri?

Ne seras-tu que cendres, des belles nuits d’antan, aux couleurs vermeilles ?
Est-ce donc à présent, plus que larmes et regrets ?

Suis-je aux souvenirs froids, plus qu'un astre perdu, et que l'âme dérange, en ta douce demeure ?

Entends déjà le chant, c’est notre fièvre belle…
Des princes des poèmes… Ecoute, c’est les pleurs…
Ecoute une parole, et le crime et le trouble.
Entends cette rumeur

Ecoute ces violons dérisoires et moqueurs, n’écoute qu’un seul choeur…

Regarde, là, Cruelle…
Regarde, c’est la mort
Toutes ses dents noircies, à nôtre âme traînante, un sourire enjôleur…
L’œil poudré de cendre, magnifique au brillant de tes cuisses tendues…
Tant ouvertes à jamais...

Ouvre grand mon amour, cette porte béante,
Rends jalouse l’église, dont les pierres nous hantent…
Sois au dôme ton cul, à la crypte ton ventre, aux cantiques ton chant, au calice le cœur…
Empoigne mon trépan, bande-le d'une fente, brûle un cierge à ta boucheHume... levés tes yeux…

C’est le sel et vent, c’est le cri de la mer
C’est ton chant mon amour, à ta main qui le branle…

Plus riche d’une obole, à ta gorge apaisée, échangée d'une langue…
Quel autre lait si doux, à ta lèvre embaumée, emportera les pleurs…




Ecrit par Athor
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