Prévenir

J’efface les années qui m’auront chagrinées
Elles dépeignent trop de douleurs enchaînées
Autant de morsures, loin d’être un accident
L’humour s’évade sans nul regret, attendant
que la nostalgie se distancie de la brume
Je cours aux fenêtres, mes sourires s’enrhument
de courants d’air, d’éclairs et de faux souvenirs
Bonsoir et au revoir, j’aurais dû prévenir

Assis près de cette table écoutant le vide,
j’entends des grincements me rappelant la porte
Elle apparait inerte, glaciale et splendide
La tristesse, douce ivresse. Qu’on me l’apporte !
J’écrase l’idiot qui provoque ma chance
Sortez-le, car il a confisqué mon bonheur
De mon front, coulent des torrents annonçant l’heure
Qui me veut libérer de toutes ces créances

Devant moi, apparaît un gouffre qui m’appelle
Lucidité froide face à ce profond saut
Une invitation aux allures de flanelle
qui s’incline face au vent et à ses assauts
Mon âme s’est perdue au milieu de la nuit
Je m’apaise face à ce qui m’a déconstruit

J’ai repoussé toutes les envies de me battre
Surtout, ne tentez rien, je ne peux pas guérir
Une action vers l’avant pour ne plus souffrir
Un monde paisible où je n’ai plus à combattre

Carte postale d’un monde sans espérance
Voyage annoncé pour terminer cette errance
Pleinement subjugué à la vue de l’abysse
Comment faire pour que l’étincelle jaillisse ?


En mémoire de Marc S. que j’ai connu à la fac. Moi qui aime la vie, je n’ai pas compris ce qui se passait dans son coeur. Cet homme d’une grande gentillesse et rempli d’énigmes, n’avait en rien le profil mais son acte de désespoir m’a amené à écrire sur un sujet tabou.

Ecrit par Lolo
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