Prélude à l'après-midi d'un parc

Le chemin qui serpente descend
Sous les branches chargées de lumière
Où l'ombre s'est coulée, familière,
Où le pas se fait sourd, calme et lent.

Ici le ciel s'étire, ébloui,
Ici le vent écoute, immobile,
Le tronc puissant, la feuille gracile,
L'oiseau caché, le temps assoupi.

Un pétale froissé sur un banc,
Un peu d'une senteur emportée
A la lisière à peine effleurée
D'un instant qui passe, évanescent ...

Une tache de soleil ici,
Là un caillou banal qui somnole,
Tandis-que là-bas déjà s'envole
Le flamboiement de l'après-midi ...

Car en ces lieux s'apaise le cœur
Où se tenait accroupie l'ivresse
Pesante d'une vague tristesse
Et d'une inexorable langueur.

Là-haut, dans les rues parmi les murs,
Bourdonne la ville indifférente,
S'affaire la ville, comme absente,
Se hâte la ville en flots obscurs.

Au fond du parc s'attardent, légers,
Le canal avec sa passerelle,
Le papillon et sa demoiselle
Et les baisers enfin, murmurés ...


Ce poème, inspiré par un certain parc de ma ville où j'aime faire le détour, s'est également nourri du splendide "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Debussy<br />


Ecrit par Ombrefeuille
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