Quatuor vespéral

Un soir de printemps, clair et limpide

C'est l'heure où la brise descend
Sous la fraîcheur de la ramée.
Là, le soleil en son couchant
Murmure la branche étonnée
Et la plume qui tremble au nid.
Bientôt s'endort la fleur sereine,
Au lent chemin le jour finit,
La nuit se ferme à la fontaine.


Un soir d'été, lent et majestueux

C'est l'heure où l'immense chaleur
Monte de la terre assoiffée,
Tandis que s'efface et se meurt
La lumière à peine voilée
D'un long été, calme et brûlant,
Où l'air se tait, rare et fragile,
Où tout s'arrête, où tout attend,
Où le temps même est immobile.


Un soir d'automne, à pas feutrés, mystérieux

C'est l'heure où se fane déjà
Le roux profond de la colline,
Voici que la feuille s'en va,
Car sa grâce d'antan décline.
Le sous-bois résonne, lointain,
La brume entre les troncs s'avance,
Le ciel peu à peu s'est éteint,
L'ombre est tapie dans le silence.


Un soir d'hiver, là où tout s'achève

C'est l'heure où, dans le froid plus vif,
Tout devient gris, insaisissable,
L'heure où le vent, vaste et pensif,
Se perd sur la plaine insondable.
Il vient du fond de la forêt
Une torpeur impénétrable :
C'est l'heure où la lune paraît
Sur la neige incommensurable.




Ecrit par Ombrefeuille
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