La chanson du vent

J'écoute la chanson du vent
Animant l'au-delà
De mes stores baissés,
Du vent frais de la nuit,
Facétieux loup-garou,
Qui fait : " Heu ! ",
Qui fait : " Hou ! ",
Qui flirte dans les rues
Avec les lampadaires,
Qui se frotte - la vache ! -
À quelque œil-de-bœuf en saillie,
Qui, sachant prohibées
Les parties de sonnettes,
Tambourine à l'huis
Du voisin calfeutré,
Qui fait, funambule invisible,
En chaussons de petit rat
D'opéra, se balancer
Câbles et fils électriques,
Qui, j'm'en fous de la contredanse,
Borné ô combien !
Danse dans tous les sens
Java, Bali,
Toute l'Indonésie
Aux périphéries des ronds-points,
Qui, dans Le Bosquet,
Presque à portée de main,
Décoiffe peupliers et pins,
Qui en fait de ces vagues
À La Plage des Pauvres,
Dans les dunes
La Manche qui cogne
Et diffuse, confuse,
Une persistante rumeur
Qu'éraillent les embruns,
Qui fait vibrer l'espace,
Le divin souffle de vie :
Ténébreux train fantôme
Qu'à peine l'on devine au loin,
Qui, crescendo, decrescendo,
Se rapproche, passe,
S'évanouit, trépasse,
Répétant à souhait son manège
Tel un jeu enfantin.



Le 6 mars 2000.




Ecrit par Stapula
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