Marais Céliandre

A l’aube grotesque. Cendrillon bizarre, robe longue déchirée à la grille dantesque, s’écroule à la renverse, barbouillée d’imbuvables nectars. Minois bouledogue, nervuré de khôl. Arômes de tabac rance et fog nouvelle France. Elle écoute aux ouïes des primevères. Croque aux jacinthes qui se sont plaintes. Se rassoit, rose et noire. Dans la traction-avant qui lui sert de placard

Dans l’écuelle aux serments virtuels, elle a mêlé des bals de nénuphars, des baigneurs bouffons, blogués, blagueurs, des visages masqués et bicéphales qui disent oui, qui disent non. Ecailles, écueils, cercueils cloquant la vase. Contre la balancelle de l’horloge, un fa dièse de jazz suspendu à la lèvre, elle interroge la pendaison des songes. Inordinaire extase. En regardant l’écran lui faire naufrage dans la Grand Rigole d’antan

Elle attend. Elle ne sait pas ce qu’elle attend. Des instants de marais en sève. La braise topaze rouge. Le velours qui bouge. La contemplation de naguère. Un mouvement de rivière. Le gerris mouvant sur l’eau. Elle attend le confiseur des rêves. Son halo. Son radeau. Un crâne plasma jouant du piano





Ecrit par Boetiane
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