Prière

Quand les brumes du soir m'ouvriront grand leurs ailes,
Pour voiler lentement, de leurs ombres l'ennui,
Et laisser sans regret, toute place à la nuit,
Je signerai mon front des eaux perpétuelles.

Celles qui m'ont portée, là où tremble mon cœur,
Pour qu'il puisse sans fin, de sa joie et ses peines,
Bercer le chant sacré qui coule dans mes veines
Puis en pétrir ma vie, de désirs, de chaleur.

Le souffle déjà court et le corps au supplice,
Je glisserai légère au creux de l'inconnu,
Seule, il en est ainsi, comme un nouveau-né nu
Qui ne sait vers quel sein chercher le doux délice.

Et si vos souvenirs brillent d'un peu de nous,
Ne portez pas pour moi, le deuil de la mémoire,
Mais gardez bien au chaud le pur de notre histoire,
Dans le miel d'un sourire ou l'étrange des fous.

J'emporterai peut-être, en ultime poème,
Quelques mots délirants d'une vague lumière.
De ce rien qu'il me reste, accueillez la prière,
Car j'ai donné, mon Dieu, le meilleur de moi-même.




Ecrit par Myosotis
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net