Le trouble de la nature



Puis s’apaisent les flots, dans leurs derniers sursauts,
En quelques soupirs las où la nuit se déverse,
Lorsque la terre expire, à la fin de l’averse,
Une étrange tristesse aux vaporeuses eaux.

Le tumulte passé est devenu silence,
Comme un voile de deuil tout maculé de blanc
Qui couvre du décor les blessures et le sang
De l’ocre boue des champs dans une lente errance.

Hébétés et blafards, quelques hommes confus
Sortent de leurs abris, les yeux vers les nuages.
Encore abasourdis de ces forces sauvages
Venues s’abattre, là, dans un affreux raffut.

Et dans l’air désormais, un goût d’apocalypse,
Car dans les alentours tout est désolation.
L’orage a eu raison de la végétation,
Du travail de leurs mains où leur espoir s’éclipse.

Nous sommes tous acteurs du désordre insidieux
Qui trouble la nature où gronde la menace
Quand les cieux déchirés, en ces larmes de glaces,
Signent dans la fureur, la colère des dieux.

22 Juin 2019




Ecrit par Myosotis
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