Les amants désunis

Si nous avons gravé sur l’arbre de la vie
Naguère nos deux noms enlacés dans un cœur,
Le vent a déchiré le tissu qui nous lie
Débâtissant l’ourlet qui nouait nos deux cœurs.

Les fils de nos amours que le temps effiloche
Déroulent, peu à peu, nos rêves à l’envers
Et nos yeux qui se boivent, nos mains qui s’accrochent
N’osent se détacher et n’osent se défaire.

Jouons la partition de l’ultime sonate
Où, sur le piano noir, à quatre mains, nos yeux,
Avant que le tonnerre et que l’orage éclatent
En perles d’eau de pluie, ne se disent adieu,

Car tous les mots d’amour qu’à présent l’on se cache
-Qui ne franchiront plus la courbe de nos lèvres-
Ressemblent, tour à tour, jouant à cache-cache,
Au lait qui s’est tari d’un enfant que l’on sèvre.

Il pleure et se débat en tendant ses deux mains,
Mais le sein convoité se dérobe sans cesse
Et le temps continue sa route vers demain,
Laissant derrière lui deux âmes en détresse.

Encore une minute ! Encore une seconde !
Un regard… Un soupir… Un baiser… tendrement,
Mais, dans le glas des jours, où la mort fait sa ronde,
Un chariot de feu emporte les serments

Des amants désunis…




Ecrit par Antigone
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