Le bourgeon

La vieille gitane est sale et fripée
Comme un vieux torchon tordu d’indignations.
Ne me quittant pas de ses feux furieux,
Je me délecte d’être la cause qui fait brailler
Le jeu du trop plein et du trop vide de ses faibles poumons.
Je m’en réjouis, une délectation,
Tant que mon intérieur empathique, le traître ignorant se tend
Vers elle dans l’intention de l’aider à ventiler moins péniblement.
Mais je lui intime de stopper net tout élan.

Ses fusils armés, comme je la comprends.
N’étaient pas moins qu’une contenance dû à son rang.
J’aurai été bien déstabilisée d’avoir en face de moi
Son contraire m’accueillir avec des baisers
Et autres effusions de joie.
Pour les câlins
Cela aurai été le déclencheur d’une fuite sans choix.
Et je ne suis pas revenue après une longue absence
Auprès de mon peuple pour y repartir séance tenante.

Je suis assise sous une solette qui fait office de cuisine d’été.
La vieille reste debout et me vise tout à son goût
En faisant mine de s’occuper de tout.
Et s’agitant parce que tout ce qui nous entoure y est sale,
Me tourne autour,
S’approche,
Et une fois toute proche,
J’entends siffler le train...

Bang !

Enfin mon baiser…




Ecrit par Stella
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