Je pars

J’en ai donc fini avec mon chagrin d’amour.
Que je ne porte plus comme un parfum trop lourd.
Ma douleur aphone ne peut plus promettre à mon extravagant, mon sirupeux sentiment.
Libérée grâce à l’essence de ma plume, je ne me défends plus d’être redevenue angéliquement
Celle qui naguère baguenaudait au hasard des sourires.
Je ne me cache plus d’être ce que j’étais. Je ne résiste plus au besoin féroce de prendre le même virage
Que cette mouette vive et preste qui s’élance dans le champ bleuté où coule un émouvant mariage.
Dans cette existence magnétique, il y a cette tyrolienne fendant mes deux points de paradis.
C’est mourir !
Quelque peu, mais fatalement je me perds en étouffant entre ses murs
J’y ai vécu de rectus douloureux sans devenir molle mais je suis née avec un coeur pour l’aventure
Seule avec mon ange, avec moi même, en moi même, avec mon âme
Je ne me cache plus d’être ce que j’étais : une sédentaire au cœur de cerisier sauvage,
Qui suit sa passion violente pour la liberté et les voyages,
Vive l’autarcie intérieur ! Ebranle mon corps sur le souffle de mon âme
N’accepte plus aucun asservissement
C’est mourir en femme heureuse que de laisser derrière moi un passé qui grignote l’aube de mes matins
Je n’ai à craindre que la nostalgie des grands chemins dans leur absence de mon lendemain
Pour me comprendre, il faudrait partager le même besoin
Pour te l’apprendre, il suffit de m’accompagner et tu vivras du battement de ton coeur au rythme de tes pas


Mars 2016

Ecrit par Stella
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