Payé en nature


Laisser l’aurore naissante suffire
A festonner d’or la nuit déclinante
La gaieté de l’enfant, d’éclats de rire,
Cligner de l’œil au bonheur de l’instant.

Applaudir l’averse sur le sol sec
Qui claque et calme la soif de la terre,
Nourrissant le cours d’eau qui chante avec
Le saule en sa ruisselante crinière.

Couché dans l’herbe écouter les nuages,
Leurs propos secrets, à vous seul audibles,
Et suivre leurs voiles en plein voyage
Dans l’écume de vagues invisibles.

Admirer l’oiseau sous le ciel qui brûle
Au soleil d’Occident descendu bas,
Dessus la mer que teint le crépuscule
Embrasant l’eau du plus beau des grenats.

Le corps sans frein et l’âme auréolée
Plutôt que courir après la fortune,
Cueillir la blondeur aux champs, aux vergers :
Préférer être payé en Nature !




Ecrit par Fregat
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net