Le sommeil du poète

Sous ses yeux clos, quand il se couche,
Fatigué d'hallucinations,
S'écrit la partition farouche
D'un orchestre aux milliers de sons

Il voit tout, tout ce qu'il entend
Le prend aux tripes chaque nuit ;
Ce sont les échos des vivants
Mais les morts font d'horribles bruits.

Ce sont aussi les ciels frisés
Des matins de pluie en hiver
Et les conversations bouchées
De bombyx nés et de piverts

Il approche ses mains -très blanches-
De son front qui suinte d'effroi,
Et les os pointus de ses hanches
Sont courus d'ignobles grands froids

Les murmures plaintifs accourent
Certains se font trop oppressants
Certains séduisent, font la cour,
Et d'autres hurlent en passant

C'est un opéra ! La musique
Accordée par ses doigts fiévreux
Chante et pleure. Elle est volcanique !
Lui, boit les larmes d'un œil creux.




Ecrit par Francois
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