La chaloupe

Je me sens si proche du quai
Où toutes les pensées s’épuisent,
Dans ces silences arrêtés
Que ton absence carbonise.

J’essaye bien aux souvenirs
D’ôter la voile de tes yeux,
De relever l’ancre pour fuir
L’iode fleuré de tes cheveux,

Mais mon gréement est en détresse,
Ses hardes dispersent au vent
Les lambeaux de cette tendresse
Qu’humaient nos étreintes d’amants.

Et sous ces brumes qui me coupent,
Endommagée, abandonnée,
Je croupis comme la chaloupe
Captive de mortes marées.




Ecrit par Fregat
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