Sous les rides du temps

La lumière du soir, sous les rides du temps,
S’attarde et se repose aux traits de ce visage
Où se tient, effacée, l’aube en-allée des ans,
Comme le long soupir de la vague au rivage.

Les yeux ont conservé un peu de cet éclat
Qu’on saluait jadis, et dont la pure grâce
Si souvent subjugua et si souvent charma
Les abysses du cœur où le ciel entier passe.

Le front, pâle et serein sous les cheveux blanchis,
Sait encore incliner son galbe de silence,
De cet air à la fois mutin et indécis,
Attentif et pensif, qu’on nomme l’élégance.

Sur les lèvres parfois flotte un sourire ombreux,
Voile à peine entrouvert sur un jardin d’automne
Où demeure un printemps qui dut couler, heureux,
Et où dort un été dont la splendeur résonne.

Déjà glissent sans bruit les brumes de l’hiver
Sur l’ovale parfait de ce frêle visage
Fané mais non flétri, vieilli mais non amer,
Où les rides du temps sont un dernier rivage.






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Ecrit par Ombrefeuille
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