Béguin

Je t’aime tout échevelée !
Et quand va ta coiffe à vau-l’eau,
Sous l’orme (ou là, sous le bouleau),
Ta fierté gourmande avalée,

Venus ! Ma Milo, c’est Noël !
Garde au chaud cette langue rose,
Ce muscle si tendre ou si rosse
(Pire qu’Hénoch et Samuel) !

Mais ce sahel n’a pas sa place
A ton corps fluide, et la rosée
Dont ruisselle ta lèvre osée,
Dit la débâcle de ta glace 

Quand elle est rompue et que fond,
Feinte, ton austérité fausse !
- L’âme à Faust, ce dont je me gausse,
Je me damne ! à ton feu profond.

Je t’aime tout émue, et nue,
Nixe, et vice, et panthère ! Noir
Ton œil est pour moi l’allumoir
M’éclairant :
- Tu m’es advenue !




Ecrit par Salus
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