Rue de la Bougie

Elle avait allumé mon âme
A ses quinquets.
Ses joues pâles,
Sous le voile
De ses cheveux noirs,
Disaient
Trop de choses tristes
Sur sa santé.

C’était minable,
Cette rue
Où les rats passaient,
Mais quelle ferveur
Sous ses paupières bistres !
Et j’ai craqué
Une allumette,
Pour le plaisir de ranimer
La flamme
De ses yeux blessés!

Dans la chambre
Où nous sommes montés,
Les rideaux sentaient la misère,
Mais comme son corps
Répondait à ma fièvre !
Nous avons pris le temps
De nous parler,
J’ai pris soin d’elle
Et de son âme .

Aussi, lorsque je l’ai quittée
Et que j’ai voulu glisser
Quelques billets
Sur la table,
Elle m’a dit,
Minois chiffonné,
Triste et pâle :
« Non,
Pour toi, c’est cadeau … »




Ecrit par Marcek
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