In girum imus nocte

Un papillon nocturne au firmament volait.
Insouciant il volait bien haut et bienheureux
Sous la lune argentée sublimée par l'air frais,
Quand au loin il put voir comme brûlait un feu.

Le papillon curieux s'approcha pour mieux voir.
Quelle lueur intense! quelle flamme! quel éclat!
Rien n'était aussi hypnotisant dans le noir
Que ce feu vigoureux qui l'appelait là-bas.

La lumière du feu se montrait si puissante
Qu'elle aveuglait la bête et remplissait son âme;
Ô! pouvait-ce être là une preuve vivante
D'un absolu divin incarné dans les flammes?

Alors le papillon vint, et c'est subjugué
Par la félicité d'une extase sans borne
Qu'il se carbonisa l'abdomen, les ailes, et
Tordu par la douleur tomba en masse informe.

Tel es-tu, mon amour, aussi resplendissant
Que tu es destructeur; telle suis-je, charmée,
Éblouie par ton feu; ainsi, dans un instant
De grâce et de malheur tomberai-je à jamais.




Ecrit par Yablokovnaia
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