Le mendiant de minuit



Dans le couvent laiteux de ton amour
crapahutant à nu, à deux
dans les tranchées du jour
dans les cerveaux débridés de la nuit,
j’apprivoise
les violons de nos voix lactées
ces longs murmures de serrures,
la lueur du bonheur
qui n’est jamais à l’heure,
la framboise fermentée et chérie
de nos coeurs aphteux et gris
Dedans, c’est de la confiture
Dedans, il pousse de la fourrure

- En danger

Je te protège
du méchant clown de roulotte
et du voleur d’enfants,
des lutins mutins, mutants,
embrasseurs de griottes aux crachats liseron
qui te kidnappent dans un leurre
où je ne suis plus
où tu as peur

J’y vernis ton sourire
et tais la balbutie des ans,
mendiants obliques
aux regards fichés d’orgeat
où la diva de l’euphorie
allaite le horla
en me cherchant folie

- Donne-moi tous tes cris

Tu me protèges
du passant fou de minuit
accroupi
dans ses buissons de pluie
dans ses coliques de bruyère,
bavant ses glues de feux follets
buvant ses glaires de nuit polaire,
vivier artificiel
sans ciel
d’où s’élève le râle d’une paire d’yeux
pauvre et pâle

C’est un marécage grillagé
aux cierges d’évian bleue
où le divin de la guerrière
est dans le précieux de la chair

Petit prince et Graine de géant,

Tu es ma raison
Ma maison
Mon enfant

Tu es mon église et mon dieu




Ecrit par BOETIANE
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