Quand les sens disent adieu

Ton souffle vient frôler mon âme,
Charmée par la brise légère,
Que ta conscience ivre, condamne.
Que pourtant ta lèvre libère.

Par ces effluves de douceurs,
Je peux exalter ta beauté
Qui m'apparaît. Mille senteurs,
Que mon nez n'ose refouler.

Ma piété se dresse, labile,
Quand m'effleure ton doux zéphyr.
Résister devient difficile.
Et me voilà faible martyr.

Et puis, en un long mouvement,
Ma main jaillit de sa torpeur,
Mue en un messager fervent,
Elle te transmet mes aigreurs

Deux longues rivières de pleurs
Fendent tes gracieuses pommettes,
Où en amont, fuit ta douleur,
En rafale et sous la tempête.

Mes doigts accostent ton visage
Et débarquent chargés de peine.
Ils y essuient tous les ravages
Que ton cœur laissa à la traîne.

Epongeant délicatement,
Les nombreuses larmes errantes,
Ils essaient, désespérément,
De palper les passions mourantes.

Par la suite, ils glissent agiles,
Telles deux colombes au ciel.
Traçant leur long parcourt, dociles,
Sans arrière pensée ni fiel.

Et atteignent, vite, l'orée
De ta gracieuse chevelure,
Qu'ils voient en cascade dorée,
En merveille de la nature.

Tes boucles rivalisent tant
De clarté avec le soleil,
Qui paraît pâle maintenant,
Adoucissant ton teint vermeil.

Mes yeux sont sans cesse éblouis
Par ta couronne chrysocale.
Et puis ma rétine en jouit,
Comme du meilleur idéal.

Sur quelques mots et un adieu,
Nos deux cœurs écartelés, tristes,
Pleurent. On s'en remet à Dieu
Pour qu'il raccorde nos deux pistes.

Dans l'avenir, espérons-le,
On se retrouvera tous deux.
Ni le destin ni tous les feux
Invisibles, mais les aveux
Abrègeront nos anciens vœux.




Ecrit par Gorgonzola
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net