Peuples lunaires


La délinquante, géante des cieux
épouvante la pousse verte et gercée
torréfie sans trêve ni remords
les cuirassés parfois fendus et fêlés,
cloquant le rêve jusqu’à la nuit
Lorsqu’en son laqué noir pétrole
la lente horloge des étoiles
ventile ses tribus de lucioles,
béantes, boréales, dératées

Ici, c’est le four ou le frigo
L’être et le sablier
L’homme en quête du roseau
Dans le siphon de sa gorge ‘météorée’
sous le parchemin de sa main
le vent tourne les pages
- et pas d’eau.

Mais à la fracture du jour et de la nuit
il est ce naufrage de soie liquide
cet instant de talc et de buée flûtée
- l’heure des inversions splendides
et de la goutte de rosée

La crevaison d’un ciel extraterrestre,
branchies entrouvertes
bâille et coule ses mollusques de lave
bleuissant le vermillon des crêtes
de ses lacs bleu brûlé et violâtres

Le fossile y défroisse son poumon de corail
Le crustacé chausse ses palmes de sable
Le fennec attaque le serpent qui nage
Et pendant que la femme
baigne ses flancs à l’encre et à la nacre,
l’homme étrangle un cumulus
plaqué, planqué derrière l’ubac

N’était-ce qu’un mirage, songe le nomade ?
Allez, je vais me brancher à l’électricité
et si cela ne marche pas
j’irai me perfuser aux étoiles
ou mieux encore
- essorer une coupe de rosée sucrée


Eblouissant concept que celui de "l'usine à rosée"
- pas de pétrole, mais des idées …


Ecrit par BOETIANE
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