Aux portes du passé

Les portes du passé, faudrait pas les pousser !
Ou bien du bout des doigts : le geste est délicat …
Et voici que soudain, un souffle ravageur
S'en vient nous bousculer et nous brouiller le cœur.

Des ombres se dessinent, silencieuses elles passent…
Des visages qu'on aimait, qui jamais ne s'effacent ;
L'instant guide mon âme, tandis que je poursuis
Et le passé revient en lettres d'or écrit.

Dans l'armoire du temps, notre livre demeure,
Porteur de rêves bleus ou de bris de malheurs.
Et voici qu'il n'est plus qu'un grimoire dépassé
Mais qui scintille encore quand un rayon l'effleure.

Nous ne feuilletterons plus ensemble les pages,
Se sont même effacées les couleurs des images,
Je voudrais ne garder que les instants joyeux,
Ne plus penser au temps des angoissants adieux.

les portes du passé, faudrait pas les pousser !
Ou bien du bout des doigts : le geste est délicat…
Laisser mon âme encore aux calices du temps,
Ce temps déjà si loin mais qui revient pourtant.


Toute semence est un débris d'une chose passée -
Eugène Marbeau -


Ecrit par Mijo
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