Les dames de la mer.

Ça faisait juste quatre jours
Qu’on cabotait vers le levant.
Je contemplais les alentours,
Les Atlantes sollicitant.
La Niña à contre-courant,
A la refusante attentif ;
Le moment n’était point au chant,
Comme Ulysse sur son esquif

Et là, vis dans tous leurs atours
Trois outres, giron bedonnant
Promettre fougueuses amours.
Chauves, bacchantes de géant
Sirènes lascives au jusant
Consument patito captif.
J’entendis ce cri déchirant
Comme Ulysse sur son esquif

Ces êtres en d’autres séjours
Ai-je vu, m’en porte garant !
Ne saurait être autre discours.
De leur lyre, harponnant,
A des harpies ressemblant
Plutôt qu’à femmes, point naïf
A ma route me cramponnant
Comme Ulysse sur son esquif

A Vous Fernand, mon cher enfant
Dont l’entendement est si vif
Laissez votre fantaisie voguant
Comme Ulysse sur son esquif


8 janvier 1493 – Dans les eaux d’Hispaniola.

Ecrit par Ann
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net