L'irreverente

Les épaules tombantes, sous les fourches caudines
J'accepte ta vengeance pourtant illégitime.
Accusé des regards emprunts de moraline
Des vautours qui voyaient notre union comme un crime.
Ah qu'ils sont rassurés les indignes jaloux,
De voir que le bonheur ne sourit pas non plus,
A celui qui croyait l'amour plus fort que tout,
Qui parlait bien trop fort des romans qu'il a lus.
Ce livre là se referme avec violence,
C'est un autodafé autour duquel on danse,
On boit, on renifle sa désinhibition,
Tandis qu'un vent glacé souffle ma dépression.
Te voilà détendue, la poudre et son nuage,
Moelleux, réconfortant, qui triche sur ton âge,
Rallume ton sourire de brune fatale,
Tu peux conjurer ton supplice de tantale.
Libérée des principes, de ta pseudo morale,
C'est sur une nouvelle couche que tu t'affales,
Quand sur la mienne les draps sont encore chauds,
Tu trahis ma passion, tu salis mon ego.
Je souffre de l'absence, de n'être plus aimé,
Tu jouis de l'insolence, du charme empoisonné.
Désormais je te hais, autant que je t'aimais
Garde donc tous tes vices, ton capiteux palais.
Je te laisse aux bons soins de ton marquis de Sade
L'ivresse est éphémère, tu seras bientôt fade,
Usée par tes excès, pleurant sur ta jeunesse,
Débordant par les flancs, élargie par les fesses,
Les dents jaunies et les yeux mouillés de détresse,
La corde pour issue, seul acte de sagesse!




Ecrit par Zitoun
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