Au pays des merveilles



Les gratte-ciel frôlent le ciel
Dans ces villes à la verticale

Tous ces serpents, tous ces tournants
D'asphalte gris comme rubans

Où sans arrêt passent voitures
De jour de nuit dans le grand flux

Perpétuel

Mais où donc est l'arbre menu
La feuille verte et l'oxygène

J'ai mal au cou pour voir le ciel
Tiens un nuage presqu'irréel

La ville étale ses tentacules
Comme un grand poulpe, une méduse

Des milliers de fourmis qui grouillent
Entre ses murs, braves soldats

Contre la montre, ils marchent au pas
Vite, vite encore plus vite

Je suis en retard, dit le lapin
D'Alice au pays des merveilles

Ici, ce ne sont pas des merveilles
Pour l'usager, carte vermeille

Prendre un métro et puis dodo
Recommencer toute l'année

Rythme endiablé, accéléré
Et puis un jour enfin s'arrête

La course folle des employés
Mais le coeur qui est usé

D'avoir couru stressé fourbu
N'a pas le temps de profiter

De ce repos tant mérité
Et voilà que vole une feuille

Détachée d'un arbre menu
Elle se dépose aux pieds

De celui qui a trop couru
Il la regarde s'envoler

Attends moi j'arrive, guide moi
Au delà des gratte-ciel, des toits

Que je vois le monde d'en haut
Petit, si petit et si beau







L'eldorado n'est pas toujours là où on le croit !


Ecrit par Machajol
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