Azazel, Innana, Lilith



L’incipit est fébrile ; il est flou le pœcile
Où, tremblant à son seuil, assoiffé par le sel
Qui brille sur la dune –une oasis, asile
Où se lisent les temps sur l’ambre d’un fossile-
Il se risque à franchir les ombres de ce ciel,
Qui rêve de Lilith, d’Ishtar ou d’Azazel :

Grand Chérubin, Satan, l’avatar Azazel,
Maléfique andragogue, ouvrit grand le pœcile
A l’Humanité molle et frêle, il mit au ciel
Les cristaux d’antimoine et des secrets, leur sel ;
Il offrit le grimoire à tous et le fossile
Implosa. Vois la fin de ce quiet asile :

Fade et si mort déjà, voilà que cet asile
S’enfle et ce vent qui cingle est celui d’Azazel
Au détour du désert, s’anime la faucille
Dévastatrice, elle n’a d’huis, ni de pœcile,
C’est la honte d’Adam, un presque âne, vil sel.
La torpeur de la nuit sous les glaces du ciel ;

Elle est pourtant si belle Ô succube du ciel !
Quand sur ses chairs se love un serpent -doux asile- :
Ils mêlent leur salive et, du venin, le sel
Létal, le sang impur des veines d’Azazel,
Referme aux nouveau-nés, la porte, le pœcile,
De la parturiente, elle est triste faucille.

Quelque tablette près du Tigre et maint fossile
Livrent à la Dame de l’Arbre un autre ciel :
Celui de Gilgamesh et d’Uruk, le pœcile
D’une épopée où la sagesse trouve asile
Et, sur ses deux lions, n’a cure d’Azazel,
Ni d’Azrael, Ishtar est du souffle, le sel.





Ecrit par Lau
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