Le miroir de la Seine


J’ai trop joué avec les mots,
Rendu diaphanes leurs couleurs,
Défraîchissant leurs idéaux
Au jeune automne de ton cœur.

A ce jeu mauvais j’ai perdu,
Les vers désormais que je lance
A l’âcre goût des soirs vaincus,
N’ont plus parfum ni assurance.

Les vrais, les beaux qui s’envolaient,
Garnissaient de fleurs ton balcon
Que n’ai-je su les préserver
En les semant à grands sillons ?

Sans toi de Paris rien ne brille,
Perd soudain tout enchantement,
Tout semble vide en sa coquille
Qui tape l’œil absurdement.

Sous mon blouson, le cœur glacé,
Ainsi le fier Pont-Neuf promène
Mes malheureux pleurs mal cachés
Sur l’amer miroir de la Seine.

https://youtu.be/nXTtA5bKHrM




Ecrit par Fregat
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