La marche des vivants

Il y a dans la roche, au plus secret du temps,
Ces grottes que scella le silence des mondes,
Ces temples que la Terre aux entrailles profondes
Creusa pour célébrer la marche des vivants.

Ici sont préparés, en d'infinies lenteurs,
Des prodiges cachés : l'eau enfante la pierre,
L'écho saisit le vide, et se tait la lumière,
Comme pour méditer ces fragiles splendeurs.

La trace est demeurée d'animaux disparus
Dont on croit percevoir, au-delà du visible,
Le grondement lointain, la course imprévisible
Et les effluves forts, à jamais inconnus.

L'homme trouva refuge en cet austère abri
Qui conserve du feu vénéré l'ombre éteinte
Et qui sur ses flancs nus garde la chasse peinte
D'un trait plus fulgurant que la flèche et le cri.

Ainsi se tient en nous l'impénétrable envers
D'un oubli qui figea nos abysses intimes
Dans les commencements de ces souffles ultimes
Qui voient naître, déjà, les fleurs et l'univers …








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Ecrit par Ombrefeuille
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