La traque

Dans l'aurore dorée, attristée, délavée
Par les pleurs alarmés de la bête éprouvée
Dans la fuite éperdue, les tourments aiguisés
Dans son triste coeur apeuré, désemparé,
L'âme déchirée, épouvantée, piétinée
Elle court le souffle coupé, prêt à exploser
Dans sa poitrine haletante tuméfiée
Vers une ténébreuse mort lente programmée
Poursuivie par des cavaliers endimanchés
Comme des pingouins dans une pièce surjouée.
La nuit glaciale s'est emparée de sa vie
Sur l'autel sanglant de la barbarie réjouie.
Elle erre sur les célestes sentiers ambrés.

Comment peut-on jouir de cette traque obstinée
Dans les bois transis désenchantés endeuillés?



La scène d'un cerf agonisant ayant trouvé refuge près des habitations m'a scandalisée.

Ecrit par Loren
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