Quand la morue rue

Chanson odieuse (mais réaliste)

Pour Philippeb, qui voulait une histoire d’amour
entre un maquereau et une morue...


Maquereau, si ta morue rue
Boude le miché, fuit la rue
Pour qu’elle se tienne à carreau
Brandis le gourdin, le barreau
Car sitôt la chose apparue
Baguette magique au sirop
La grognonne redevient grue

      Refrain :
      C’est pour ton grand boutoir
      Qu’elle bat le trottoir
      Pour ton fût de colonne
      Que brave elle michtonne

Homme libre ô si ton tapin
Feignante en posant des lapins
Veille à lui redresser la fibre
À coups de canne, à coups de chibre
Lui récurant le gagne-pain
Fais que pour toi seul elle vibre
Sans qu’un autre envoie le grappin

      C’est pour ton porte-plume
      Qu’elle use le bitume
      C’est pour ton chérubin
      Qu’elle file au turbin

Gai souteneur, de ta roulure
Tire au besoin la chevelure
Puis d’un viril vit tamponneur
Remis pour l’occase à l’honneur
Chasse le mou dans ses moulures
Lui réapprenant le bonheur
Et le respect à toute allure

      C’est pour ton nerf chafouin
      Qu’elle racole au coin
      C’est pour ta longue épine
      Qu’elle arpente et tapine

Si ta morue rue maquereau
Et prend soudain son air faraud
Rêvasse à des coquecigrues
Refuse qu’on la dézobstrue
Reprends la main, pistolero
Afin qu’à nouveau soit férue
L’abeille de ton dard — haro !

      C’est pour ta rude verge
      Qu’elle va aux asperges
      Pour ton daufe ô damné
      Que la mignonne en est

      C’est pour ton porte-plume...
      ad lib.






Ecrit par Bella
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