Les déboires de Chantecler

Fable

Sur son tas de fumier un coq présomptueux
Coquetait à tous vents en dansant la pavane,
Il ignorait, hélas, que l’hôtesse des lieux
Voulait le mitonner en potée paysanne.

La fermière rêvait d’un coq affectueux,
Bon époux, matinal, docile et vertueux
Tandis que celui-ci, bien racé mais volage,
Lui rappelait par trop son vaurien de fermier,
Toujours prêt à courser les tendrons du village
Au lieu de s’occuper à nourrir son foyer.

En effet, l’emplumé se faisait une fête
De trousser les jupons -passant du coq à l’âne -
Non seulement des poules mais aussi des canes,
Des pintades, des oies et même des faisanes…
Le Chantecler* tournait chez ces dames la tête.
Elles en oubliaient de materner leurs œufs
Dans le confort des nids prévus à cet effet,
Pour les abandonner n’importe où sans regret.
La débauche engendrant un gâchis désastreux,
Ce fut l’arrêt de mort de la maudite bête !

Cette fin tragique atteste le vieil adage :
Qui trop se satisfait de jouer le mariole
Sape la bienveillance de son entourage,
Qui le voue à Satan, puis à la casserole !




* Chantecler : titre d’une pièce de théâtre d’Edmond Rostand sur les mésaventures d’un coq vaniteux
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantecler_(Rostand)


Ecrit par Oxalys
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