Quand la Reine conseille le Roi...

Je vais conter le sort d’un homme
N’ayant onc bu le moindre vin,
Car résistant toujours en somme
A déguster ce cru Divin.

Il ne pouvait admettre ou croire
Que c’était, là, mourir un peu
Que de finir par ne pas boire
Ce fameux mout béni de Dieu.

Mais un beau jour, dit la chronique,
Son Roi tout jeune et beau perdreau
En fontaine dite publique
Servit du vin et non de l’eau,

Jurant dessus son diadème
Que celui qui n’en boirait pas,
Jusque y compris le plus abstème,
Serait pendu la tête en bas.

Ainsi notre foutu bonhomme
Admit le vin pour sa survie,
Et transforma soudain sa pomme
En franc buveur de prompte envie.

Il but un verre, un second verre,
Sans se lasser. Bien entendu !
Puis le voilà qui persévère
Pour rattraper le temps perdu.

Si bien qu’au fur et à mesure
Qu’il emplissait son gosier neuf
On eut dit que son embrasure
Se régalait sous l’œil d’un keuf.

« Tu es mon eau, Oui, de Jouvence !
Me fallait-il rester niais ! »
Dit-il, très haut ! « Lorsque je pense
Qu’hier encor je te niais ! »

« Tu es boisson fort merveilleuse,
Qui met l’Éden en ce bas lieu,
Et m’es cent fois plus précieuse
Que ce bras gauche, Oh !nom de Dieu ! »

Alors soudain : folie amère ;
Avant qu’on pût l’en empêcher,
D’un long couteau pris chez sa mère,
Il s’en alla son bras trancher.

Zèle inutile : il faut bien croire,
Tant le bras gauche est indiqué
Pour remplacer, quand il faut boire,
Le bon bras droit trop fatigué.

Vous qui semblez blâmer l’ascète
En dégustant ces quelques vers
Buvez-les donc pour faire fête
Car est plaisant cet univers.


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Et si le Roi quittait la Reine pendant les jeux du cirque !!!


Ecrit par Tonindulot
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