L'âme à robe

Ce n'est jamais facile d'affirmer sa nature
Je ne suis pas un homme malgré mon attirail
Au nom de : « travesti », les préjugés suppurent
Me donnant la routine d'un vieil épouvantail

Ne pouvant m'habiller de celle qui me plaît
Les robes de la nuit, d'une bonne bouteille
Me sont une vision aux fantasmes secrets
Une féminité qui me porte conseil

Mes muscles sont viriles, mais sous des doigts sensibles
J'entends en mon esprit un solfège de harpe
Nos franches appétences, nos émotions visibles
Dévoilent nos penchants malgré nos contrescarpes

Je suis toujours surpris du timbre de ma voix
Malgré les apparences, mes nerfs sont soprano
Devant mon mauvais sort, je rejette la foi
Cette pensée que l'âme peut choisir son berceau

Avis à tous les êtres
Choqués par mon rimmel
S’arrêtant au paraître
De leur regard de fiel

Oui, je suis une femme
Quoi qu'en dise les cons
Une danse de flammes
Flambant de ses passions

En cette société où l'individualisme
Pérorant l'avarice, puant la concurrence
Éduque nos desseins à grand coup d’égoïsme
La prédation prospère mieux que les différences

Ô critiques du genre, juges sans empathie
La sagesse voudrait que vous gardiez silence
Devant des expériences inconnues de vos vits
Comme celle du sexe grimée par l'apparence

Vous aient-il arrivé lors d'une réflexion
De remarquer qu'un cœur, assumant ses désirs
Doit avoir du courage et qu'ainsi sa raison
Peut trouver les frustrés sujets à un vrai rire ?

Au Diable la prudence, j'enfilerai demain
Une robe d'azur sensuelle et légère
Si les yeux se dérobent en croisant mon chemin
C'est que certains, peut-être, veulent goûter ma chair

Avis à tous les êtres
Sourds à leurs pulsations
Qui, à l'instar du prêtre
Refoulent leurs frissons

Vous ignorant vous-même
Laissez-moi vous apprendre
Comment peindre nos thèmes
S'assumer jusqu'aux cendres

Oui, je suis une femme
J'ai des poils au menton
Mais jouis comme une dame
Sous la pénétration




Ecrit par Tomdubor
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