Tribulations mégalo-ascensionnelles

Quadrupède surgit par hasard
En Afrique saharienne ou australe peu importe
Je n'avais rien d'un fauve, d'un busard
Alors que vaquaient les prédateurs de toutes sortes

J'ai d'abord crié
Ma finitude, mon impuissance, mes peurs,
Ensuite j'ai prié
Des divinités ici et là, avec plus ou moins de bonheur...

Puis j'ai pris conscience
Que, alors que d'aucuns se laissaient phagocyter par les dieux,
Je pouvais établir avec eux une situation de concurrence,
Dès à présent sur terre et pourquoi pas bientôt, dans les cieux.

Ainsi j'ai constitué des sociétés, dirigé des pays,
Mes appétits défiants les Cassandre et leur rhétorique,
Porté par ma foi en moi, même si j'ai souvent failli
Contempteur sans vergogne de nombreuses lois telluriques.

Inutile d'ajouter qu'en toute bonne foi j'ai cru bien faire
Et que participer sans relâche au bien de l'humanité
A été mon moteur. Pourtant, si c'était à refaire
Agirais-je cependant avec plus d'humilité?

je m'apprête désormais à fulgurer dans l'espace,
Enfin affranchi des lois de l'apesanteur.
Dans l'éther, pur esprit qui sans entrave se déplace
Essaimant sur moultes planètes ses délires de grandeur

A la recherche de la plus inouïe sensation,
Celle de rejoindre la Cène au milieu de déités tutélaires
Je vais entreprendre tout comme LUI la suprême ascension
Dans la direction même qu'IL a suivi naguère

C'est dans les cartons, certifié, c'est tout vu
Je vais toucher du doigt le grand concept d'airain
Grace à la cryogénie, la Parque sera de la revue
Je m'apprête à revivre sans fin le mythe Prométhéen.








Ecrit par Djack
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