Fleurir encore

C’est au coeur de l’hiver

Que j’ai choisi d’éclore.

J’avais 26 ans

et le diable qui me tenait au corps.

Des rêves et des vers par nuées

s’évadaient de mes poches trouées.



Aux prises avec l'effondrement

J’étais devenu un soleil vieillissant,

Régnant sur l’obscurité, sans partage

Et qui poursuit ses souvenirs,

Égaré dans l’éternité froide.



Le temps, qui pétrifie tout ce qu’il touche,

Ce baiser volé,

Et l’arrière goût de meurtre

qu’il laissa sur ma bouche..

.

Persistait en moi, une promesse,

Une intuition, un présage,

Un frémissement venu du fond des âges:

Demain, sera doux comme une caresse.



Demain est une promesse,

Peut être un beau mensonge

Le seul auquel j'ai voulu croire

L'infime espoir de donner corps aux songes

Et que les possibles s’émancipent,

de leur prison d'ivoire.



En quête de métamorphose,

S'est craquelé la chrysalide,

Ma vieille mue, triste nécrose

Peau de chagrin devenue vide.



Alors, j’ai recouvert mon ciel d’ardoise,

Pour y esquisser mes rêves,

à la craie blanche.



Je me suis drapé dans la grisaille.

Pour tromper ma garde,

j’ai traîné ma carcasse vide

là où tout restais à écrire



. Enfin seul! Et libre.

J’avais un rêve désormais.



De toute les fleurs,

Je suis fils des garrigues,

Une bruyère fantomatique,

Qui au beau milieu de l’hiver,

se décide à fleurir.




Ecrit par Selvita
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net