Celui qui est venu



Il effeuillait son cœur à l’ombre d’un regard,
Et mes yeux embrumés savaient ce désarroi
Assis au bord des mots, révolté et hagard.
Mon âme tendrement portait un peu sa croix.

Des pensées rouge amer réveillaient ses tourments
Déversées çà et là de brumes et de larmes,
Qu’il dévoilait souvent aux rimes de serments,
A l’aube de la nuit, s’il déposait les armes.

Son cœur battait parfois la chamade d’antan
A vivre son présent aux accrocs d’autres fois,
Acrobate perdu de « peut-être » en « pourtant »
il restait à danser sur des échos… sans foi !

Et je le regardais, le sourire aux aguets
L’espoir pendu au cœur de nos jours mélodieux.
Que le présent frôlait de ses mélodies gaies,
Sachant, là, dans ses yeux, d’autres âmes de Dieu !

L’Amour n’est pas heureux et la vie lui apprit
La pluie d’autre rivage aux parfums orageux.
Il ouvrait à la vie son coeur privé d’abri,
Fermant pourtant ses mains à tous ses tendres jeux.

Il effeuillait son coeur. Moi je le contemplais,
Et mon sourire mouillé frôlait déjà ses mains…
Assise sur son coeur, berçant un peu ses plaies,
Un jour d’épaule nue… Il reprenait ma main.






Ecrit par Lyne
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