Roûah (1)


« Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne
sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il … de l’Esprit » (2)


De mémoire d’eaux, quelque part au centre de l’Infini, dans le vide,
Au cœur du Tohu-bohu, de toute éternité, à la périphérie même
Du big bang, comme à cet instant précis d’écriture et de lecture,
L’Amour était Présence.

14 milliards de tendresse d’années, une étrange lumière éclairait déjà l’Univers. Depuis, le vent souffle où il veut, et la Création toute entière gémit, maintenant encore. (3)

Le vent était déjà la passion du Ciel pour la Terre,
Comme l’eau était le présent et le penchant de la Terre pour le Ciel,
Ainsi l’onde et le vent se firent vagues à même l’Océan.

L’Esprit planait sur cette eau primordiale, la vague à l’air libre sentait bon le vent, la vie et l’espérance.

Depuis,

La vague va prendre l’air, pour dire la relation, la rencontre, le don et le pardon.
Le vent va prendre l’eau, pour dire Dieu au cœur de la matière,
Et la matière vivante au cœur de Dieu.

Ainsi va l’Incarnation, l’immersion dans le REEL,
Afin de pouvoir porter beaucoup de fruits.

Depuis le Cambrien jusqu’aujourd’hui, elle va, la vague,
Se cambre d’air, nous écorche les yeux, nous invite, nous appelle,
Et Elle bouillonne de vie et d'images au-dedans de nous,

Tout ce qui respire, tout ce qui transpire, tout ce qui expire,
Est l’œuvre du Vent, comme souffle et désir du Créateur.

Tout ce qui vient, ou revient à la charge, à la VIE,
Tout ce qui, comme l'Amour sature le Monde, sature notre regard de VENTS et de SELS, qui donnent leur vrai sens aux choses.

On ne peut effacer nos Divines Origines, comme on ne peut nier ce que notre histoire a marqué de sa main moite, de son haleine salée ou sucrée.

Depuis, le vent éponge nos blessures, et nous donne les mots,
Pour panser nos douleurs et dire la merveilleuse aventure.

Depuis, entre chaque vague il y a un silence, comme un recueillement, Pour rendre grâce au vent, comme un faire-part de bonheur, une reconnaissance à fleur de peau.

On ne peut résister au vent et à la vague, on ne peut contrarier LA VIE, Refuser de respirer l’Amour, repousser le souffle, empêcher la grâce de cette Evolution.

Mais on peut évoluer vers plus de conscience, que l’origine ne fasse plus « MAL » à notre incarnation. On peut sortir de l’animalité, de l’instinctif,
Pour dire la Tendresse au cœur du Monde.

Car le vent de l’Esprit dirige nos cœurs, vers le Grand Large, et ses eaux profondes, Il fait souffle de tous vents et de tout horizon.

Il répare, restaure, soigne, transforme, innove, adapte, transfigure, réconcilie le Ciel avec la Terre, défragmente en chacun de nous,
Tout ce qui nos origines ont laissés d’inachevé.

L’Univers tout entier est parcouru par Ce VENT aimant, pour annoncer la « Bonne Nouvelle » au Monde, L’Amour et l’Espérance.

La pluie, la neige, les tempêtes comme les lames de fond,
Rien ne pourra entamer la vague qui flue, le souffle qui vivifie.

J’ai aimé le vent, j’aime le VERBE, j’aimerais toujours être porté par son roulis de mots, car l’eau et le vent restent entièrement perméables à l’Amour, la vague s’y dit éternellement et sans aucune condition.

Comment mettre en pratique cette Vie reçue en abondance ?
Comment accueillir, héberger, dorloter, le vent et la pluie ?
Comment laisser mûrir en nous, pauvre terre fragile
Cette Grâce portée par chaque vague et par chaque coup du souffle ?

Le vent n’enseigne pas, Il invite ! Il n’impose rien, il respire l’avenir.

Dehors comme dedans, le vent lève le voile,lève le voile, sur cette Vérité toute entière, celle qui nous rendra « libre » TOUT ENTIER.

VERITE sur nous-mêmes, sur nos animales origines et sur notre belle vocation de fils et de filles du VENT.

Consolateur des affligés, le Vent vente. Rosée de tendresse à même nos rétines, la vague va, la Grâce flue. Tout désire en nous et autour de nous.

ROÛAH, Esprit de Vérité, sur nous-mêmes, sur Dieu et le monde,
Toi qui es partout Présence et Source de Vie, Vient souffler !

Vient venter le VERBE fait Chair, vient mettre dans le vent l’écho,
Et dans l’écho ton DESIR, et dans l’écho de l’écho la voix du Grand Large
Qui crie : « Faites-vous capacité, je me ferai torrent » (4), Vient !

Viens aussi dans le VENT !
Désirons d’un grand désir ce désir de Dieu, ce vent vivifiant,
Désirons de Son désir les dons de l’Esprit, car la vague ne cesse de surprendre.

Viens te faire réceptacle, que le VENT et la vague se fassent torrent !

Viens, dans le vide intérieur, le silence.

Recherchons avec persévérance l’Amour,
Que jaillissent en nous et entre nous la plénitude des dons du vent
Et du pardon de la vague.

Chaque vague gonflée de vent est le livre ouvert, un livre offert qui enseigne le chemin à suivre à travers un chemin de Paroles :

« L'esprit souffle où il veut » « L’Esprit planait sur les eaux » dit le vent
Tout empli de Paroles de Vie.

TOUT vient du REEL qui est DIEU et TOUT vient de DIEU qui est « LE REEL » entre les deux, dans le Passage, le Vent se lève avec les vagues pneumatisées par la Présence de l’Amour et de la Lumière.

L’air et la vague nous collent au corps, car le souffle et la Chair ne font plus qu’UN dans l’unité du Vent.

De son haleine, pour animer la matière, le REEL souffle la vie, sur chacun de nous. En lui, par Lui, avec Lui, l’Esprit a déjoué le passé, dans le présent, pour libérer notre avenir, afin que nous puissions cheminer librement.

Soyons regonflés, soyons parés, les voiles prêtes au Grand Passage.
Pour aller ensemble, là où le vent nous mène, pour toute Eternité dans une vague d’Amour Infini.

Au loin, l’écho répète les paroles des prophètes, des sages, des poètes et autres chanteurs d’espérance, viens et va, aux pieds des falaises, là où la vague se révèle nue, vraie et crue, parfois brutale:

« Va où le vent te mène, va » (5),




« O Roi céleste, Consolateur, Esprit de Vérité,<br />
Toi qui es partout présent et emplis tout.<br />
Trésor des biens et Source de vie,<br />
Viens et demeure en nous ;<br />
Purifie-nous et sauve-nous,<br />
Toi qui es bonté. » (6)<br />
<br />
<br />
<br />
(1) Vent, Esprit, souffle, haleine, air … en hébreu ;<br />
(2) Saint Jean 3,8<br />
(3) Romains 8,22<br />
(4) "Fais-toi capacité, je me ferai torrent" dit Dieu à Sainte Catherine de<br />
Sienne ; <br />
(5) Angelo Branduardi - Chanson « Va où le vent te mène » 1980.<br />
(6) Prière à l’Esprit-Saint, tirée de l’office byzantin ;<br />
<br />
<br />


Ecrit par Reumond
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net