L'insouciance

Désarticulé,
profondément déterré,
il a perdu connaissance lors de son arrachement,
de sa mort fabriquée d'esprit humain.
Seul un humain a pu souhaiter sa fin si mécanique,
presque convulsivement,
car enfin l'homme ignore de quoi il est fait
et son destin rejoint sa joie de chanter
en hachant tel un bourreau dans la lumière
le corps du vivant
l'homme qui de son sort ignore encore tout.
Son destin où il va souriant
rejoint sa joie, donc,
mais peut-être est-il trop occupé à vivre en général
pour savoir que chaque acte a sa conséquence
-scorpion se mélangeant profondément à son dard substantiel.
Mais le destin de l'homme le dépasse,
comme l'envie de vivre et de faire, tel un iceberg émergeant dans l'océan,
comme les glaces stagnantes,
et comme les peintures de Lascaux,
témoignent d'une survie.
Vie ou survie ne pressentent jamais complètement comment sera la fin.

L'arbre lui-même possède son agonie.





Ecrit par Messaisons
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