Prélude cristallin....

A monsieur Emile Faguet.


Prélude cristallin des blancs alléluia
Que chante l'alouette entre chaque embellie !
Le ciel, comme un grand cygne, ouvre, étire, et déplie
Son aile de duvet que la neige mouilla.

A peine reste-t-il, fleurs de magnolia,
Quelques flocons laiteux dont la candeur s'oublie
Aux branches des massifs. - Imprécise et pâlie,
Sous son voile, voici que passe Maïa.

Et sa voix se répand avec la liturgie
Des eaux où frissonne sa multiple effigie.
Elle sourit à travers leur miroir d'argent,

Insaisissable en sa mouvante transparence,
Au Désir altéré de son baiser changeant,
Que tente vainement l'éternelle Apparence.

2 février 1901


A travers le voile

Ecrit par Louise-Victorine ACKERMANN
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net